Bon, j'avais envie d'un truc différent. Je me suis donc laissé tenter et je ne le regrette pas.
Nez : Du vernis, de l'encaustique, un peu d'encens et un bouquet d'épices (poivre, safran, muscade). Pas de doute, c'est un vrai Japonais. Les épices se développent progressivement, sur un fond de vanille et de bois brûlé, qui nous emmène bientôt vers l'Amérique ou plus précisément, le Tennessee. On sent que le fût a beaucoup (et très vite) donné. C'est bien le principe du quarter cask. Pour autant, tout cela est intégré et assimilé, l'équilibre est très bon. Côté végétal, une petite touche herbacée, plutôt luzerne et foin fraîchement coupée. Guère de fruit mais on s'en passe volontiers.
Bouche : Puissante et gourmande. La texture est huileuse et soyeuse. Belle densité aromatique, moins lisible qu'au nez. La dominante est sur le moka, avec toujours beaucoup d'épices. Étonnamment, on y retrouve le charbon de bois. Ils n'auraient tout de même pas osé un fût de Jack Daniel's ?

Nan, sans doute pas, mais le maïs se fait de plus en plus présent. Un côté bonbon acidulé, aussi, avec un léger excès de sucre contrebalancé par l'amertume du café. Une pincée de sel. Un peu de fruit enfin, prune pas tout à fait mûre, en cherchant bien. C'est très agréable, mais l'équilibre est moins évident qu'au nez et l'intégration un peu imparfaite. Par contre, les 61,9° passent comme une lettre à la poste (du moins pour le vieux

que je suis).
Finale : Pas exceptionnelle de complexité, mais d'assez belle longueur, sur le fond de tasse de café, vous savez ? là où se dépose le sucre mal mélangé. Certains le boivent, d'autres pas. Love it or hate it.
Petit bémol tout de même : ce whisky n'a absolument pas le goût de tentacule. Cthulhu pas content !
Bref, on est quelque part entre un Taketsuru 21yo et un Single barrel Jack Daniel's. Pour le meilleur.
Un bon 87-88/100 pour moi, ce qui n'est pas mal du tout pour un machin de seulement 3 ans.
Le distillat est sans coute de première qualité. Par contre, j'ai du mal à imaginer qu'avec ce processus de vieillissement accéléré en quarter cask, on puisse obtenir des whiskys très complexes en attendant quelques années de plus. A force de larguer du boisé-épicé à gogo dans le distillat, il y a un risque que ça se gâte.