Smokey-Kong a écrit :La sortie des nouveaux Glengassaugh à LMDW me met un peu en rogne, vous allez comprendre pourquoi :
- 165 € pour le 21 ans.
- 435 € pour le 30 ans.
- 1545 € pour le 40 ans !!!
Le tout pour des malts probablement pas mauvais sans plus, vu ce que je connais de cette distillerie. Je crois que les Ecossais n'ont pas encore compris qu'ils foncent dans un mur avec une telle politique. Qui achète encore à ce prix- là ?... C'est une erreur énorme, le marché des antiquités ne s'est jamais comparé à celui du neuf ; un Bowmore Samaroli bouquet c'est mythique alors qu'un Glengassaugh 40 ans... Tout le monde s'en fout

le marché des vieux est extrêmement lucratif à deux niveaux :
- directement, car la chaîne empoche 1200 euros par bouteille (celle vendue 1500), ce n'est pas mal. disons le. L'état en prend genre 300 (TVA et droits d-sur alcools), LMDW genre 500 et le producteur le reste. mais lui il a gardé le produit 40 ans et il a payé un dessinateur sur ordinateur (infographiste pour les barbares), un packageur de luxe pour le flacon, ou autres fabricants d'écrins, une fortune qui, rapportée aux quelques bouteilles vendues, fait 200 euros probablement la bouteille, en cotant large, mais les gants blancs et les vitrine cela coûte cher !. Ca reste bon pour la santé financière de la société du fournisseur ou l'embonpoint de son portefeuille personnel le cas échéant.
- Mais là n'est pas le plus intéressant. Le court terme, c'est le miroir aux alouettes ou la subsides des gagne-petit. Ce que rapporte ces prix hors de sens, c'est de faire rêver les collectionneurs, bien sûr, mais surtout les nouveaux riches. Eux en voyant ta réaction, ils achètent. Il leur faut d'abord ce qu'ils ne pouvaient pas acheter dans leur situation antérieure, ce qui les fait sortir de la caste avec laquelle ils ne veulent plus rien de commun. Que ta réaction soit positive ou négative tu fais donc tourner la caisse enregistreuse. La seule chose qui éteint ce feu de délire sur les prix, c'est l'indifférence, le mépris. Mais ça il ne faut pas y compter. Après, le raisonnement primate veut que si une bouteille se soit vendue 1500 euros, c'est que le produit les vaut. C'est le phénomène du témoignage. Il y a quelqu'un qui a mis ce prix. Il doit savoir ce qu'il fait. Et ainsi le premier gogo fait sauter le jackpot. Et toi, pauvre minable, si tu peux pas t'aligner, tu la fermes, ça se joue pas avec les gagne-petit. Et le tour est joué. Cette image - d'enfer en fait : extorsion, jalousie, envie, mépris sont au programme - se diffuse avec l'aura d'une divinité païenne, d'une idole -qui se ressemble s'assemble. Et les gars qui ont mis cela en route ramassent la récolte, en ayant fait, au passage, monté l'image de marque - c'est à dire le désir que la marque génère chez les gens, et donc les prix de tous les produits qui portent la marque, dont la cuvée sans âge. Et bingo, re-jackpot, mais sur du long terme cette fois.
Alors quand les Ecossais comprendront ils qu'ils se fourvoient ? Il faut le temps qu'ils se fracassent sur le mur, que tout le monde les laisse avec leurs prix de dessins animés. Les illusions ça se crève, ça ne se raisonne pas souvent. C'est sans doute une question de 12 mois, mais cela dépendra de la crise financière. Plus si elle se calme, moins si elle croît et embellit.
Affaire à suivre.
Puis je me permettre un conseil ? Prendre son mal en patience et penser à autre chose. Cela fait tomber les prix.