Trois Laphroaig 10yo CS

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dede
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Trois Laphroaig 10yo CS

Message non lu par dede »

Et hop, une dégustation comparée :

Laphroaig 10 yo CS OB red stripe 55.7%

Couleur : Or à reflets cuivrés

Nez : Intensément iodé, et dégageant de puissants arômes de fruits exotiques (banane), de camphre et de tourbe, ainsi qu'une note gourmande et crémeuse. A la fois le plus gourmand et le plus médicinal des trois. Une goutte d'eau lui fait perdre un peu de cette exubérance et raffermit la tourbe.

Bouche : Grasse et puissante. Une belle explosion, mais sans sécheresse, avec beaucoup d'ampleur et de souplesse. Les fruits exotiques présents au nez se retrouvent bien, ainsi que la tourbe et une certaine douceur. Meilleure sans eau.

Finale : Intense et puissante, dans la continuité du nez et de la bouche : fruits exotiques (banane, mangue), tourbe, camphre. Elle s'affaiblit relativement vite sans toutefois disparaître, la tourbe grasse restant très longtemps accrochée au palais. Plus amère avec de l'eau.

Conclusion : Le plus jovial des trois. Un personnage haut en couleur, sympathique et coloré mais sûr de sa force. Hautement et dangereusement buvable.


Laphroaig 10yo CS 1998-2008 Jean Boyer forum whisky-distilleries, 61.2%

Couleur : Vin blanc

Nez : Sur la tourbe fine et le goudron. Puis développe des arômes viandés et de café ainsi qu'une note citronnée, avant que des aspects plus maritimes ne se développent (iode). Un nez toujours très net et défini. Une goutte d'eau le rend plus fumé et l'iode passe d'un registre maritime (embruns) à quelque chose de plus médicinal (bétadine).

Bouche : Moins grasse que l'OB, mais plus franchement tourbée, bien que la tourbe demeure fine. Le jus de citron et des aspects viandés complètent le tableau. L'eau ne casse pas sa texture et renforce la saveur citronnée.

Finale : Moins intense que celle l'OB, mais tient mieux la distance, sur une belle tourbe sèche mêlée de jus de citron et l'apparition d'un soupçon d'exotisme.

Conclusion : Un personnage considérablement plus austère que l'OB, moins souriant, moins exubérant. Sa beauté est ailleurs. Ce n'est pas parce qu'un paysage est rude qu'il n'est pas beau et il en est de même pour ce whisky : un concentré de falaises abruptes surplombant un océan venteux.


Laphroaig 10yo 1998-2008 Cask 700208 BBR Retro, 61.6%

Couleur : Vin blanc

Nez : Maritime et épicé (poivre). Une odeur terreuse très marquée, puis apparition d'une note agrumique (citron), café et viande grillée. Les notes médicinales de Laphroaig arrivent ensuite. L'aération permet à une certaine douceur et au fruité de poindre (vanille, chocolat au lait, granny smith). C'est à lui que l'aération bénéficie le plus, et de loin. Les différents arômes s'équilibrent, chacun finit par trouver sa place en laissant les autres s'exprimer. L'eau lui réussit assez bien aussi et fait ressortir le fruit sans pour autant le laisser dominer.

Bouche : Pas la plus explosive à l'attaque, mais passe rapidement la surmultipliée pour atteindre une puissance que les autres n'ont pas. Quelle intensité ! Tourbe, iode, mais aussi du poivre du fruit (toujours les pommes acidulées). Curieusement moins viandée qu'hier... Ajoutons une goutte d'eau... Euh, c'est moi ou ça bastonne toujours autant ? Bon, sinon, pas de modification notable, hormis peut-être un petit regain d'amertume.

Finale : La plus longue et intense des trois, mais étonnamment douce après l'assaut donné en bouche. Tourbée mais également assez fruitée (pomme verte)

Conclusion : Le boxeur du lot, catégorie poids lourd. Très puissant, punchy, aucun manque de oomph pour paraphraser Serge. Du muscle, mais aussi une technique sans faille. Cet individu sait se servir de sa force et n'a pas besoin de se montrer agressif (la preuve, il peut se boire sans eau malgré son degré élevé). Un winner.


Au final, les deux IB sont assez proches et jouent sur le même registre : des Islay austères, minéraux. L'OB est plus ouvert, plus facile d'accès, avec un côté ensoleillé (les fruits exotiques) peut-être dû à l'influence de fûts de sherry. Les trois méritent amplement un 19/20 et démontrent que Laphroaig peut se montrer excellent dès l'âge tendre (encore qu'il faille bien chercher la tendresse chez ces mastodontes). Toutefois, j'accorderais un tout petit plus au BBR pour sa puissance (j'allais dire sa toute-puissance) qui vous envoie au tapis sans coup férir (mais je dois être un peu maso...)
Dernière modification par dede le 11 mai 2009, 22:50, modifié 1 fois.
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Re: Trois Laphroaig 10yo CS

Message non lu par pompix »

Excellent Dede !
ça donne fichtrement envie !!!
D'autant plus que j'en ai une bouteille de chaque éhéh. :D
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Re: Trois Laphroaig 10yo CS

Message non lu par pompix »

Concernant le Jean Boyer, j'avais dans mes souvenirs deux composantes dont tu ne parles pas, la "pomme" et un côté "mine de crayon".
Pour le viandé, ça ne me dit rien. Mais faut dire que je ne suis pas expert et on ne ressent pas tous les choses de la même façon.
Cela fait longtemps que je ne l'ai pas goûté, ma première bouteille est tombée si vite ...
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Re: Trois Laphroaig 10yo CS

Message non lu par dede »

Bah, comme tu l'as dit Pompix, le ressenti varie en fonction de chacun, et même du moment de dégustation. Je n'avais absolument pas ressenti de viandé lors de mes précédentes dégustations de Jean Boyer. C'est peut-être la proximité du BBR qui m'a donné cette impression.

Encore une fois, les deux IB sont assez proches et jouent vraiment dans le même registre. Bien que d'un rapport Q/P moins intéressant, je recommande ce BBR aux amateurs de jeunes Laph, surtout s'ils n'ont pas pu se procurer la superbe bouteille anniversaire du forum.
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