Aaaah... tout un débat...Armand a écrit :(...)Mais si nous ne "craquons" pas pour la bouteille prestigieuse: un Petrus , un Corton Charlemagne ou un Salon, c'est que nous pensons qu'un vin moins prestigieux peut aussi nous apporter un plaisir inoubliable, et que nous ne saurions sans doute pas prendre un plaisir dix fois plus intense avec une bouteille dix fois plus chère... N'en est-il pas de même des Whiskies (ou des Armagnacs)?
Est-ce bien raisonnable de mettre 150€ ou plus dans une bouteille qui n'apportera peut-être pas plus de plaisir qu'une autre à 35€...
Mon avis sur la question a été fluctuant, mais aujourd'hui, j'aurais tendance à répondre "mais oui, allons-y", et cela pour plusieurs raisons :
- Je peux actuellement me le permettre, ça n'a pas toujours été le cas, et ça ne sera peut-être pas toujours le cas, alors autant en faire l'expérience tant que je le peux.
- Briser la routine en ouvrant un flacon moins... routinier est partie intégrante du plaisir.
- On n'a pas forcément le choix : dans le monde du vin, l'offre est insondable ; en Alsace, par exemple, si je veux partir à la découverte de nouveaux parfums ou d'un autre savoir-faire, je peux trouver sur une étendue de 100km2 des dizaines de vignerons chez lesquels je trouverai des centaines de flacons allant de 5€ à 150€, avec une grosse concentration entre 7,50 et 20€. Rien de tout ça dans le monde du whisky, pour la plupart d'entre nous, en tout cas ; ce n'est pas en prenant ma voiture que je vais pouvoir en un week-end faire la trournée d'une dizaine de propriétaires qui me feront découvrir des dizaines de flacons qui me couteront une dizaine d'euros pièce. Rien de scandaleux dans tout ça. Simplement le constat que le "différent" est plus difficile à goûter (car moins disponible) et généralement moins bon marché que le "standard". Mais heureusement, il y'a toujours des bottlers, des Robert, ou des Gilles qui existent pour mettre à disposition de nos papilles qui leur propre "production", qui leurs propres coups de coeur, et grâce à qui nos caves peuvent s'étoffer d'étiquettes moins communes et toutefois abordables.


