Glen Keith "Over 20" 1992, LMDW Artist #6, bourbon barrel #120584, 52,7%
Nez : direct, quelle élégance. Pomme, muguet, groseilles, loukoum à la rose, une légère minéralité très propre (chlore ?), fleurs blanches et sureau en veux-tu en voilà, citron et mandarine, un rien de cire et beaucoup de chocolat blanc, bref ce duo fruité-floral léger, sucré, acidulé et délicat ... pas de doute, nous avons bien un Glen Keith. D'autres fruits acidulés se révèlent puis s'en vont, se succédant : raisin blanc, rhubarbe, etc. Tout ce qui précède est à la fois paradisiaque ... et très attendu. Ce qui l'est nettement moins, en revanche, c'est tout l'autre versant du nez : un coté patissier / chocolaté très puissant (brownie chaud, glaçage) avec plein de notes épicées improbables : laurier, girofle, curry, fougère, houmous, levure ... mais d'où est-ce que ça peut bien sortir ? Ce second champ aromatique rappelle une influence type sherry, or il n'y en a pas ici. Je ne m'attendais pas du tout à ce type de complexité !
Bouche : l'entrée n'est pas forcément évidente, l'alcool est là. Mais bientôt on retrouve nos fruits "cirés" : mirabelles, sureau, raisin blanc, poire, agrumes divers. Ensuite revient ce fameux coté patissier : pain au levain, glaçage, gâteaux en tous genres. Enfin, comme au nez, c'est à la fin qu'arrivent les notes les plus bizarres, épicées à nouveau : fougères, légumineuses (quinoa ? pois chiche ?), sésame ... ça donne une certain charpente et une complexité indéniable mais ça me perturbe quand même un peu.
Finale : c'est ce dernier coté qui domine ici, elle est assez ferme, avec sésame, fougère, fruits secs et écorces, beaucoup, beaucoup de malt et ce coté levure une fois de plus. Tout à la fin, un retour de douceur sur le gâteau, la cire, et les fleurs.
In fine : le nez est, par épisodes, grandiose. L'entrée en bouche est un peu rèche, mais l'évolution par la suite est top. Par contre, le manque d'un peu de fraicheur / acidité en finale le blesse un peu. De même pour toutes ces notes "improbables" d'épices, de plantes et de légumineuses qui, bien qu'apportant complexité et intérêt au tout, manquent de cohérence avec le reste de l'ensemble. Pour ces raisons, j'en reste à un honorable 89/100 pour l'instant.
