Je me suis donc tourné vers l'Opus X panatela/lonsdale (un peu entre les deux, me souviens plus du nom exact du module) que j'avais soigneusement déposé dans ma cave 3 mois auparavant...
Chaque semaine je choyais ce cigare mythique que je n'avais jamais fumé auparavant et que je voulais à tout prix déguster dans les meilleures conditions vu son prix très élevé.
Cette fois c'était le moment!
Par contre n'ayant pas d'idée précise sur le spectre arômatique qu'il allait m'offrir, je ne savais pas trop quel spiritueux déguster avec... j'ai finalement opté pour un Auchentoshan 1992 Murray McDavid, me disant que s'il avérait trop doux je pourrais toujours opter pour un plus corsé.
Le premier tiers du cigare attaque d'emblée sur les épices, le bois précieux, le cuir... avec un premier centimètre étonnamment riche, puissant et équilibré.
On pourrait le confondre avec un habano "de la vieille école", un peu rustique, profond et corsé, tel un Partagas.
Les épices et le cuir s'intensifient.
La maturité et la qualité du tabac sont évidentes, le tirage agréable malgré que ce module étroit ne soit pas ma tasse de thé en général.
Notes de torréfaction, empyreumatiques, cacao/capuccino, amandes, d'épices plus douces.
Il se calera sur ce registre profond et goûteux jusqu'à la fin.
Un excellent cigare du début à la fin, dont je ne regrette absolument pas l'achat malgré mes craintes initiales, à peine un peu trop linéaire sur la fin, mais certainement le meilleur que j'ai fumé depuis longtemps.
Si j'étais riche je m'en achèterais bien une boite!
Avec l'Auchentoshan :
Sa douceur florale et vanillée, ponctuée de notes d'herbes arômatiques rafraichissantes, contrebalancent admirablement la puissance (initiale) épicée/rustique du cigare.
Le mariage est surprenant, créant des couches arômatiques qui tantôt se superposent, tantôt s'entremèlent, et les deux protagonistes dansent un ballet étrange mais enjoué, à mi-chemin entre le rock et le tango.
Sachant que ce ne sera pas demain la veille avant que je refume un Opus X, je me tente à essayer sur sa seconde moitié un whisky radicalement différent : un Caol Ila 1978 Rare Malts !
Et là aussi, mariage très réussi bien que très différent, dans un registre bien sûr plus corsé et haut en couleurs, sur la tourbe salée/fumée, les épices, des notes végétales de tabac intensifiées. IL m'a diablement mis en appétit!
(il est à noter que j'ai déguster ces deux drams légèrement rafraichis).
bref une exquise heure et demie de délectation totale. :P
Je ne peux que conseiller aux amateurs de puros (et de whiskies) de tenter l'eXperience Opus à l'occasion, car on n'en trouve hélas pas à tous les coins de rue.
Stéphane
