Bon, comme les deux autres fainéants ne semblent pas décidés à prendre leur plus beau clavier, je me dévoue.
Mercredi dernier, 29 Décembre, nous nous sommes retrouvé chez Régis (piazzolla) avec Jean-Michel vers 15h30. Charmante bâtisse au passage.
J'avais amené quelques boutanches, parmi lesquelles nous avons goûté:
- Old Smuggler 20/9/74 rotation 1978 40°
- Canadian Club nas 43° taxe 1964 Imported
- Seagram's V.O. 6yo 40° taxe 1968 Imported
- Balck Bull 40yo 40.2% Batch N°1
- North Of Scotland Scott's Selection Single Grain 1964-2008 44.8%
Stater sur un Bladnoch OB 13yo de Régis.
Vers le 1er tiers du set, petit blind de Régis. Superbe: Bas Armagnac de 1893.
Jean-Mi nous a fait goûter quelques samples, mais comme je n'ai pas pris de notes, je préfère le laisser préciser ce que c'était.
Jean-Mi s'étant fait rappeler à l'ordre par une tiranie féminine sans nom, nous abandonna passé 20h00.
Repas pris dans un chouette resto de Chartres: Velouté de moules safrané, Civet de biche, Dôme au citron pour moi. Excellent. On a fait l'impasse sur les vins et on a sagement tourné à la flotte.
De retour, Régis m'a fait goûter un autre Armagnac, je crois, et surtout au Brora OB 30yo 2004. Je comprends un peu mieux la réputation de cette série, même si celui-ci n'est peut-être pas le plus représentatif.
Je laisse Régis et Jean-Mi compléter mes trous de mémoires.
Encore merci pour cette très agréable après-midi soirée.
Autre belle découverte: le Black Bull 40 yo également apporté par Canis.
Je ne m'y suis jamais intéressé, n'ayant pas aimé la version 30 ans très (trop) sherry.
En revanche, le 40 ans est beaucoup plus équilibré et complexe et, pas sherry du tout !
C'est vraiment un très très beau blend, fruité, épicé, complexe, long en bouche, élégant .... j'ai adoré !
Un grand merci à Canis pour m'avoir fait découvrir cette belle bouteille
Merci aussi à Jean-Mi pour l'honneur qu'il nous a fait avec ses samples, mais j'attend qu'il en parle déjà lui même avant d'en dire plus
En tout cas, nous avons également pu gouter (garce à Jean-Mi) au dernier Glenury Royal 37 yo 1973/2010 (42.1%, The Whisky Agency, bourbon hogshead, 187 bottles) et sans forcément aller jusqu'au 94 de Serge ... je reconnais que c'était très (très) beau .... Je pense néanmoins que la bouteille (ouverte la veille pour répartition avec Seb007) va gagner encore à l'aération.
Carpe Diem
"Whisky is the cure for which there is no disease." Robin Laing
Tiens, j'avais oublié de parler des rhums que Régis m'a fait découvrir:
- Diplomatico 12yo: très facile d'accès, doux, pour ne pas dire doucereux, au point qu'il en devient vite "fatiguant". Très chocolat/coco/caramel/sucre de canne.
- Caroni 1983: Beaucoup plus masculin, de la verdure, du végétal, un côté herbacé. Equilibré et complexe. J'ai vraiment bien aimé (et puis ça me permet de ne pas ouvrir le mien).
piazzolla a écrit :Bon ba je crois que JeanMimi a (encore ?) perdu ses notes .... et/ou la mémoire
Mais non, mais non, mais il me faut juste un peu de temps...
Au bureau, je ne fais que des posts rapides.
A la maison, je peux faire plus long, mais en ce moment, je rentre tard, je mange, je regarde un ou deux épisodes de Desperate Housewives, et je vais me coucher avec un mot croisé.
Et le lendemain, ça recommence...
Jean-Michel a écrit :[A la maison, je peux faire plus long, mais en ce moment, je rentre tard, je mange, je regarde un ou deux épisodes de Desperate Housewives...
Fais gaffe, l'AVC menace
Carpe Diem
"Whisky is the cure for which there is no disease." Robin Laing
Jean-Michel a écrit :[A la maison, je peux faire plus long, mais en ce moment, je rentre tard, je mange, je regarde un ou deux épisodes de Desperate Housewives...
Le Lévy est lent, mais en général, il tient ses engagements.
Il faisait très gris sur Chartres. Moche, froid, sans lumière, même pas de neige (ce qui était tombé les jours précédents finissait de fondre)... Un temps de Moyen Age...
Malgré tout, le moral n'était pas trop mauvais : j'avais réussi la performance de faire un A/R chez le Gorille SANS GPS ET SANS ME PERDRE (enfin... pas trop), et là, j'allais passer un après-midi sympa avec Piazzo et Canis.
On peut imaginer pire comme compagnie.
Un petit coup de ViaMichelin : on me propose 3 itinéraires, de 4.1 km à 6.3 km... Entre 7 min et 11 min, en gros...
J'opte pour le trajet court. Sur la carte, la route a l'air large, sur le terrain, je traverse des quartiers résidentiels de bout en bout (et le parking de l'Intermarché de Mainvilliers). Mais les instructions sont bonnes, je reconnais l'aire de jeux évoquée par Régis, le corps de ferme... no problemo, j'y suis.
Première chose : chez Régis, on est bien. J'aime quand on peut s'investir "affectivement" avec les murs que l'on occupe, et là, c'est le cas.
Deuxième chose : la canapé... comment dire... Aaaaaahhhhhhh ! Dur d'en sortir. Quand je m'en sortirai quelques heures plus tard en me souvenant que je n'ai pas activé mon portable, ce sera pour découvrir quelques messages assassins de ma fille aînée me demandant si je compte ou pas leur faire l'honneur de ma présence pour dîner... C'est que le temps passe vite, chez Régis.
Canis arrive. Petit dram de mise en route... Faut décrasser les injecteurs et faire chauffer la machine. Pour ça, Régis nous sort une valeur sûre : Un Bladnoch léger, floral, facile, ça passe tout seul.
Après cette élégante entrée en matière, arrive ma minute de gloire. Belle couleur. Vieil or. Un joli nez, beaucoup d'épices et de fruits. Cannelle, girofle, cardamome... "Vous ne trouvez pas un peu de pomme ?" suggère Régis. "Y'en a aussi !", qu'on répond, évidemment... En bouche, très Armagnac. Raisin sec macéré. Bel équilibre. Bonnes sensations en bouche. "Ah le cochon ! T'es en train de nous niquer, mon salaud ! C'est pas du whisky, ça ! C'est de l'Armagnac !" (ou quelque chose dans le genre), cortulais-je ravi.
C'était bien un Armagnac, mais là où j'attendais de voir arriver une bouteille sortie des chais de Bottler, voilà t-y pas que le Régis nous sort... son Grand Bas Armagnac 1893 Domaine de Jouanda - Arthez d'Armagnac - 44% - Jacques de Poyferée. Bin c'est bon. Et d'une fraîcheur qui rend insoupçonnable le solide siècle du bidule. Ca m'a beaucoup émotionné de pouvoir goûter ce truc là...
Après, nous nous sommes attaqués à la caverne aux trésors du Canis, qui nous avait préparé un set de bouteilles aussi kitsh, clinquantes, rutilantes, et attractives que les représentations des coffres grands ouverts débordants de bijoux et d'or des dessins animés de Walt Disney.
Et pour commencer, un petit tour non pas du côté de Barbe Noire, mais d'un vieux contrebandier, qu'a pas l'air franchement sympa sur l'étiquette...
Le whisky, lui, un Old Smuggler 40°GL "1835" Blended & Bottled by Jas & Gee Rot. 20/9/74 bottled 78, est bien plus sympa que le bonhomme. D'abord un peu d'éther au nez, mais s'arrondit rapidement sur de belles notes de miel, d'abricot sec, de confiture d'abricot. Appétissant, vraiment. En bouche, on retrouve les abricots au miel, avec du noyau, des amandes amères, et la petite mollesse caramélisée/métallique qui m'évoque la nèfle gelée, et qui atteste de la vieuseté véritable de l'embouteillage. Très belle surprise. Bon, maintenant, s'il faut attendre 30 ans pour que votre Old Smuggler devienne agréable, c'est sûr, ça fait un peu long.
On poursuit sur un Canadian Club Hiram Walker & Sons for Wax & Vitale (Genova) 75cl - 43% - 1964. Beaucoup de grain, comme en attestent les doux arômes de feutres Velleda. J'aime bien, mais ça reste ici un peu monolithique. Smuggler tient la corde.
Le Seagram's VO - Canadian Whisky - 6yo - embouteillé en 1968 - Importé par SPA Torino - 40% est d'une couleur ambre plus profonde (plus de caramel ?), et est clairement de la même famille, avec une bouche plus collante, plus poisseuse encore. Une liqueur pour dame.
On bascule à nouveau sur le territoire de Régis, avec en aveugle un truc étonnant. Belle couleur ambrée, avec au nez, de la colle à maquette et de l'acétone. Un grain, nous confirme Régis. Mais c'estr en bouche que tout se joue.C'est franchement fumé. Pas fumé façon tourbe grasse ou cendre froide ou fumée de feu de jardin ou herbes de Provence, non : fumé façon jambon fumé. Tuc goût Bacon. Me rappelle le dernier Ardmore en date de chez jean Boyer. Et puis en surimpression, la douceur d'un café au lait. Vraiment étrange. Et c'est quoi ce machin ? C'est un Caledonian PDA 1965/2010 45yo 138 btls 42.1% Closed Distilleries. Très étonnant.
On retape dans la réserve du Canis. Je suis ravi : Ce Black Bull 40yo je l'ai à la maison, et là, je vais pouvoir y goûter sans ouvrir ma bouteille. Cool ! Et en plus, vâche ! Qu'est-ce qu'il est bon ! Vous aimez le fruit ? Foncez ! Quand le vieux grain est bon et qu'on le mélange à de bons vieux malts, ça fait un bon vieux blend ! Me rappelle les grands verres d'apéro que je prépare en hiver : orange, banane, une pointe de cannelle, une micro-pointe de cinq-épices (pour l'anis), du rhum, et hop ! un coup de mixer, et c'est parti ! Très bon.
De mon côté, j'étais aussi venu pour récupérer quelques bouteilles, et comme le Glenury Royal 37 yo 1973/2010 (42.1%, The Whisky Agency, bourbon hogshead, 187 bottles) était un split récupéré grâce à Régis, eh bien on en a profité pour y goûter. Grosso modo, c'est comme le 1968 OB, mais en 3 fois plus concentré. Du coup, là où l'on peut trouver le 68 très (trop) fin et délicat, on s'en prend ici plein la bouche. C'est gras, riche, savoureux... A prix égal, pas photo : fallait mettre ses économies dans celui-ci plutôt que dans le 1968.
En expérimentation, j'avais également monté un sample d'un Clynelish 17yo 1989/2006 (46%, Berry Bros & Rudd Berry's Own Selection, C#68) ouvert en prévision d'une soirée Berry Bros planifiée avec les Passionnés. Un Clynelish assez atypique, sans doute passé par un fût de Sherry, marqué par des notes très terreuses de sous-bois, de feuilles en décomposition (humus), de champignon, et, plus précisément, ces notes spermatiques (si si...) que l'on trouve dans certains inocybes. Curieux.
J'étais également venu avec un sample de Ledaig 31yo 1973/2004 (54.8%, Chieftain's, Sherry Hogshead, C#1710, 114 btls, 04.1973-04.2004). Un bon gros tourbé sherry qui tâche, à l'âcreté bien maîtrisée, et à la tourbe bien sombre. Le plus Japonais de mes whiskies des îles (oui... je sais... Le Japon aussi est une île...)
Et puis juste avant, pour basculer la bouche en mode "tourbe", nous avions liquidé un sample d'Ardbeg 28yo 1967/1995 (53.7%, Signatory Vintage, Pale Oloroso butt, C#575, btl 384/548, 15.02.1967-11.1995). Moi, je le trouve très marqué par l'amande douce, quelque part entre la frangipane et le savon à l'huile d'amande douce (mais sans le savon !). Au nez, la tourbe est fine et minérale, délicate. En bouche, elle explose au bout de quelques secondes seulement. C'est bon !
Dans mon petit sac, outre le fruit de nos négoces (la chaîne de solidarité la plus longue de l'histoire du forum, je crois), j'ai ramené quelques bizarreries supplémentaires de l'ami Pascal, mais je ne vous en dit pas trop plus : je m'en servirai sans doute comme sample piège à l'occasion d'un blind !
Jean-Michel a écrit :De mon côté, j'étais aussi venu pour récupérer quelques bouteilles, et comme le Glenury Royal 37 yo 1973/2010 (42.1%, The Whisky Agency, bourbon hogshead, 187 bottles) était un split récupéré grâce à Régis, eh bien on en a profité pour y goûter. Grosso modo, c'est comme le 1968 OB, mais en 3 fois plus concentré. Du coup, là où l'on peut trouver le 68 très (trop) fin et délicat, on s'en prend ici plein la bouche. C'est gras, riche, savoureux... A prix égal, pas photo : fallait mettre ses économies dans celui-ci plutôt que dans le 1968.
Tiens je viens de voir qu'il en restait encore sur un site (à mon avis pas beaucoup) à 185€ sans les fdp. Si jamais cela intéresse quelqu'un MP.