Soit.chiku a écrit :Quelques petits liens pour alimenter le débat sur la subjectivité évidente des notes basées sur le gout.
http://philo.record.pagesperso-orange.f ... /norme.htm
http://philo.record.pagesperso-orange.f ... /beau3.htm
http://www.oboulo.com/est-ce-gout-extra ... 95376.html
un extrait
"Il est naturel pour nous de chercher une norme du goût, une règle par laquelle les sentiments divers des hommes puissent être réconciliés, ou du moins, une proposition de décision, qui confirme un sentiment, et en condamne un autre.
Il y a une espèce de philosophie qui coupe court à tous les espoirs de succès d'une telle tentative, et nous représente l'impossibilité de jamais atteindre aucune norme du goût. La différence, y est-il dit, est très vaste entre le jugement et le sentiment. Tout sentiment est juste, parce que le sentiment ne renvoie à rien au-delà de lui-même et qu'il est toujours réel, partout où un homme en est conscient. Mais toutes les déterminations de l'entendement ne sont pas justes, parce qu'elles renvoient à quelque chose au-delà d'elles-mêmes, c'est-à-dire à la réalité, et qu'elles ne sont pas toujours conformes à cette norme. Parmi un millier d'opinions différentes que des hommes divers entretiennent sur le même sujet, il y en a une, et une seulement, qui est juste et vraie. Et la seule difficulté est de la déterminer et de la rendre certaine. Au contraire, un millier de sentiments différents, excités par le même objet, sont justes, parce qu'aucun sentiment ne représente ce qui est réellement dans l'objet. Il marque seulement une certaine conformité ou une relation entre l'objet et les organes ou facultés de l'esprit, et si cette conformité n'existait pas réellement, le sentiment n'aurait jamais pu, selon toute possibilité, exister. La beauté n'est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l'esprit qui la contemple, et chaque esprit perçoit une beauté différente. Une personne peut même percevoir de la difformité là où une autre perçoit de la beauté. Et tout individu devrait être d'accord avec son propre sentiment, sans prétendre régler ceux des autres. Chercher la beauté réelle ou la réelle laideur est une vaine enquête, comme de prétendre reconnaître ce qui est réellement doux ou ce qui est réellement amer. Selon la disposition des organes, le même objet peut être à la fois doux et amer; et le proverbe a justement déterminé qu'il est vain de discuter des goûts. Il est très naturel, et tout à fait nécessaire, d'étendre cet axiome au goût mental, aussi bien qu'au goût physique. Et ainsi le sens commun, qui est si souvent en désaccord avec la philosophie, et spécialement avec la philosophie sceptique, se trouve, sur un exemple au moins, s'accorder avec elle pour prononcer la même décision."
Pourtant, les choses sont peut être plus compliquées que ça.
Des études scientifiques ont récemment démontré des choses trés interressantes.
Expérience: différents modéles de corpulances féminines (taille, hanche, poitrine, etc...) ont été mis sur papier (environ 16 je crois de mémoire), et ces modèles ont été présenté à différentes personnes mâles, aux 4 coins du globe (occidentaux, asiatiques, africains, et même des tribus du fin fond de la jungle), afin que ces personnes désignent le modèle qui les attirait le plus.
Et là, oh surprise, il n'y a qu'un modèle qui est ressorti de manière largement significative de cette expérience, aussi bien chez les uns que chez les autres.
Ce modèle était celui d'une femme ayant de bonnes hanches (mais pas trop), une bonne poitrine, une proportionalité moyenne (jambes longue mais pas trop), etc... en bref, la silhouette de la parfaite reproductrice.
C'est ici que cela devient interessant, puisque les scientifiques expliquent alors que ce "conditionement" n'est absolument plus d'origine sociale, mais biologique... mère nature nous ayant forgé de manière à ce que nous fassions les bon choix, afin d'assurer la pérenité de l'espèce via notre reproduction.
Je déduis que certains philosophes n'ont pas eu vent de ces résultats (comme ceux d'ailleurs qui affirmaient que l'Homme se distinguait des autres espèces par le fait qu'il était le seul à utiliser des outils... cf les singes...).
Et le goût alors, le palais dans tout ça?
Ben il y a des similitudes: certains scientifiques expliquent que le goût a aussi été conditionné par les millions d'années d'évolution.
L'amertume par exemple, considéré (selon la force de celle-ci) souvent comme désagréable, relève en parti d'un mécanisme de défense contre le poison présent sous forme naturelle (les fruits et autres baies toxiques étant souvent trés amères).
Alors le philosophe qui se la joue "le même objet ça peut être doux et amer" (même s'il y a du vrai), ben au mieux il s'en sort avec une belle chiasse, si il a décidé de bouffer les baies... ("meuuuuuuh non, elle sont pas amères les petites rouges là, j'te dis...")
Et des exemples comme ça y en avait un paquet. (me souvient plus de tout).
Aprés c'est sûr, la dégustation d'un whisky n'invoque pas systématiquement les lois de l'évolution, j'en conviens.
Mais on constate tout de même que le goût, ce n'est pas seulement l'aspect social qui le forge et le détermine, il y a également un aspect biologique et physiologique indéniable qui se conjugue avec, tout comme dans beaucoup de domaines d'ailleurs, où l'on pourrait croire de prime abord que notre libre arbitre y règne en maître.


