Si mes souvenirs sont bons et si on utilise une théière en argile il faudrait une théière par thé, l'argile absorbant les aromes du thé, est ce vrai ?
Effectivement, c'est plutôt la règle dans le
thé chinois. Une théière en argile qui reçoit habituellement des thés comme le pu-erhs, puissants et denses, et qui va recevoir un thé vert, va venir parasiter l'infusion de celui-ci. L'utilisation spécifique d'une théière pour une famille de thé est une pratique qui repose sur la propriété de l'argile de la théière (et il y a des différences dans ce domaine... un type d'argile sera meilleur pour telle famille...etc...), et sur le fait qu'une théière en argile dédiée à une famille de thé va à la longue finir par y exceller (cela parait un peu superstitieux, mais se vérifie en pratique). On parle de "culottage" de la théière ...
Les
thés japonais s'infusent dans des théières en argile également, mais n'étant que des thés verts, pas besoin de plusieurs théières.
La porcelaine a l'atout de n'être pas poreuse, donc de ne pas garder le "souvenir" du thé que l'on y infuse, elle est donc utilisable pour tous les types de thé. C'est bien plus pratique !
Merci pour les liens . J'ai parcouru certains de ces blogs et en particulier ceux d'Arno. C'est hyper pointu, en fait. Beaucoup trop pour moi, et les plaisirs simples que je recherche.
Certes, il s'agit là de blogs d'amateurs très (trop ?) confirmés de thé chinois... Cet univers peut vite devenir cacophonique et perfectionniste. Au-delà d'une certaine esthétique, cela peut rebuter... Heureusement, on peut faire les choses beaucoup plus simplement avec beaucoup de plaisir. Pour ma part, j'infuse mes thés chinois à peu près selon les "règles", mais d'une façon bien moins prise de tête qu'auparavant, ayant globalement compris les subtilités (les techniques d'infusion, etc...) et m'en accomodant.
J'ai notamment pas compris pourquoi elles versaient de l'eau bouillante sur les théière fermées. Théières en fonte, au passage, relativement semblables à la mienne. Et quand j'ai demandé la raison de cette pratique, ben j'ai pas eu de réponse.
Je doute que le personnel de la Maison des Trois Thés ait utilisé des théières en fonte pour l'infusion... Soit c'était la bouilloire qui était en fonte, soit c'était une théière en argent (cela s'utilise dans le thé chinois, mais c'est rare). Ou alors une théière avec un terre très brune, qui peut ressembler à de la fonte.
Verser de l'eau bouillante sur la théière sert :
- à l'amener initialement à une bonne température, puis ensuite à l'y maintenir : vu que les infusions peuvent durer plusieurs minutes, le résultat dépend alors beaucoup de la température qui a régné au sein de la théière. Pour faire simple, on recherche un équilibre entre le pas trop chaud (la fonte, l'eau trop bouillante), et quelquechose qui ne soit pas tiède...
- verser de l'eau brulante sur une théière en argile froide risque... de la fissurer (cela m'est arrivé). On essaye donc généralement de la chauffer initalement de manière pas trop brusque, lorsqu'on utilise une théière centenaire par exemple...
- également à "rincer" la théière, c'est à dire à laver un peu les traces de gouttes sur la paroi, mais on sombre un peu dans l'obsessionnel...
Me rappelle plus le thé qui m'a été servit, peut-être bien un Pu Er. Mais diable que cela était léger, difficile à apprécier, à ressentir tout simplement. Une sorte d'eau coloré et (à peine) parfumé.
Je ne doute pas que pour l’esthète puriste, il y ait là quelque chose de remarquable, mais pour le néophyte ...
Les théiers chinois et japonais sont d'une autre famille que les théiers indiens. Ces derniers ("
camellia sinensis assamica") donnent beaucoup de force à l'infusion. Le "
camellia sinensis sinensis", est lui moins corsé, mais avec des arômes plus fins, et j'irais par pur parti-pris à dire plus riches ! Pas le même produit de départ, donc.
Le thé chinois, c'est souvent des arômes très fins, et on est bien loin du thé indien... Il faut s'y habituer, cela surprend. Mais avec l'usage, il s'y cache une vraie richesse. Un thé blanc, extrêmement délicat, frais, avec une infusion qui est d'un jaune très pâle... Ou alors un vieux pu-erh, qui peut donner jusqu'à une infusion noire concentrée comme le café...
Ou alors les thés verts japonais : très fins, mais il faut réussir à accepter l'amertume et les notes iodées.
Vi, j'ai vu ça, malheureusement. Quoiqu'apparemment, ils ont un site en construction ?
Il n'y aura probablement jamais de site. Cela est juste pour occuper l'URL.
Ça m'intéresse, ça. Tu as les adresses, ou mieux, des liens ?
Je serais utile et renseigné surtout pour le thé chinois. Le thé japonais et indien, je n'y connais en gros rien !
Dès que j'ai un peu de temps, je réponds un peu plus précisément à cette question. (jsui au boulot, là !)
Là encore, cela relève amha d'une différence d'approche. Ce qui m'intéresse, ce sont des expériences, des révélations gustatives, pas le quête du Graal du thé le pur et le plus ultime. Donc pour un "goûteux" comme moi, un thé arômatisé, tout vulgaire qu'il soit, à tout son intérêt.
Pour faire simple, c'est comme si on proposait à néophyte un whisky aromatisé à la cerise.
A part quelques rares thés aromatisés véritables (thé au jasmin, ...), les thés aromatisés vendus en occident sont fabriqués en occident, à partir de thé de basse qualité, enrichis avec les extraits que l'on souhaite. Gouter un mélange orange-cannelle, ça peut être sympa, mais... que cela va-t-il apporter hormis l'orange, la cannelle ?
20cl ? Je sais bien que j'ai un faible pour les miniatures mais quand même
J'ai donné ce volume comme indication car :
- A part les thés indiens qui se préparent en une seule infusion de plusieurs minutes, les thés chinois & japonais se font le plus souvent en plusieurs infusions sur un petit volume (et encore, avec les darjeeling, je procède à 3 infusions sur 20cl...). Cela a l'avantage de profiter d'une évolution du goût au fil des infusions, qui commencent de quelques secondes à plusieurs minutes. Cela évite aussi de "ramasser" en une seule infusion toute l'amertume et l'astringence du thé. On recueille les arômes qui se libèrent de la feuille, et seulement une petite part d'amertume, non rédhibitoire.
Les japonais font entre 2 et 3 infusions, mais utilisent une eau souvent entre 70 et 80°C, afin d'éviter l'assaut de l'amertume de leur thé vert. C'est une autre technique.
Avec certains chinois, je fais couramment une dizaine d'infusions voire plus, et avec tout type de thé en général j'en fais au moins 3. Je ne bois jamais de thé autrement désormais. C'est pourquoi une théière de 10cl sur un thé qui me donne 10 infusions, j'obtiens 1 litre sur la journée.. C'est déjà pas mal...
Désolé si tout ce que je raconte parait un peu imbuvable... J'essaye de synthétiser et de parler simplement de domaines un peu spécialisés dont je comprenne très bien qu'ils fassent un peu "snob"..
Et comme cela peut se voir, le thé et ce qui l'entoure n'est pas du tout le même selon le pays.
Sinon, les références données par Pat GVA sont très bien, car elles parcourent un peu toutes les familles et les pays.