De la prime à la casse. "Cui bono ?"
Publié : 01 mai 2010, 15:28
Je pose quelques questions au sujet des différentes primes à la casse automobiles, et en particulier sur la propagande qu'il y a autour.
Officiellement, voilà ce qu'on nous a dit:
-" La prime à la casse sert à soutenir la branche automobile nationale pendant la crise, et par la même, les emplois de cette branche":
A (très court) terme, c'est effectivement ce qu'il semble. En effet, les chiffres de vente des deux groupes Français de sont assez bien redressé en 2009 et début 2010 par rapport à 2008. En analysant de plus près toute fois, on s'aperçoit qu'il y a peu de vrais achats spontanés, mais une très grande majorité d'achats anticipés. En fait ce sont des achats qui de toutes façon auraient été fais sans doute en 2010 ou 2011, et qui ont été anticipés en 2009. Du coup, on s'attend à une nouvelle chute des ventes avec la fin des primes à la casse.
Sur le point des chiffres de vente, cela ne sert qu'à repousser l'échéance, dans l'espoir qu'entre temps, le marché se sera plus ou moins redressé.
Reste que ce qui fait vivre la branche automobile n'est pas tant le nombre de voitures vendues en tant que tel, mais bien le bénéfice qui en est retiré. Hors, force est de constate que ce sont en grande majorité les petites voitures et/ou low costs qui bénéficient massivement de la prime à la casse. Par conséquent, les chiffres de ventes sont satisfaisant, mais pas les résultats financiers. Surtout si on ajoute l'abondement de la plupart des constructeurs, qui réduit encore leur marge sur ce genre de voiture.
Enfin, pour l'emploi, la plupart des véhicules ayant bénéficié ne sont pas produit sur le territoire national, et les entreprises nationales de sont pas les seules à en profiter.
- "La prime à la casse est une démarche sociale permettant au faibles revenus d'accéder à l'achat d'une voiture neuve":
La encore, c'est complètement faux. Quand on a pas 6000€ (prix minimum d'une voiture neuves, toutes primes gouvernementales déduites), c'est pas parce qu'on vous fait "cadeaux" de 1000€ que ça va changer grand chose. La encore, on constate que ce sont bien souvent les deuxièmes voitures qui sont renouvelées: la voiture de madame, ou du fiston, ou de la fille de la famille, mais en aucun cas la presqu'épave d'un ménage n'ayant pour vivre qu'un SMIC ou pire, un RSA.
Pire même, on a vu partir nombre de véhicules de moins de 15 ans, encore en excellent état, et qui auraient pu être vendus à très bas prix, ce qui les rend accessible aux ménages ayant peu de moyen financiers, tout en permettant aux vendeurs de céder leurs véhicules pour plus des 1000€ proposés par l'état, voir même plus les 2000€ en cas d'abondement de certaines marques.
- "La prime à la casse permet de renouveler le parc automobile au bénéfice de la dépollution et de la sécurité":
Là encore, ce n'est pas tout à fait vrai. La plupart des voitures qui sont parties au broyeur n'avaient que 10 ans, voir 8 ans suivant les constructeurs. Hors, si en pourcentage, on a fait de gros progrès en terme de pollution automobile ces 10 dernières années, en valeur absolue, le progrès est moindre. En effet, les véhicules des années 2000 étaient déjà très propres et avaient fait d'énormes progrès par rapport aux véhicules des années 90, et à fortiori des années 80 et avant.
Hors, les gens qui roulent avec des voitures de (parfois beaucoup) plus de 10 ans sont bien souvent les mêmes qui n'ont pas les moyens de renouveler leur véhicule, même avec l'aide d'une prime à la casse. On exclura bien sur les collectionneurs de ce raisonnement.
Pour l'aspect sécurité, le constat est un peu du même ordre, les voitures des années 2000 étant quasiment toutes déjà très sures. Là ou le bas blesse, ce sont encore sur les véhicules bien plus anciens et/ou mal entretenus, ce qui nous renvois aux ménages ayant peu de moyens financiers.
L'actuelle prime à la casse est en fait la troisième du genre dans notre pays. A chaque fois, cela à été une initiative d'un gouvernement de droite (Juppé, Balladur, Fillon) et on pourrait être tenté d'en déduire quelque chose. On pourrait même aller jusqu'à se demander pourquoi des crises automobiles françaises se sont produites sous ces gouvernements. Mais cela ne tient plus quand on regarde que d'autres pays font la même chose, alors que leurs gouvernements respectifs sont de différentes mouvances politiques.
Alors au final, "Cui oono" ? A qui tout cela bénéficie-t-il ?
Economiquement parlant, les états qui ont fait une prime à la casse se sont endetté lourdement et les grandes entreprises ne font que se maintenir à plus ou moins à flots, mais malgré tout, de nombreux sous-traitants ont mis la clé sous la porte.
Socialement, cela n'a pas empêché une vague massive de pertes d'emplois. Certes, cela auraient peut-être été pire sans ces primes à la casse. De plus, l'argent que les états ont dépensé pour ces opérations est autant d'argent qui ne pourra pas être utilisé pour autre chose, comme de vrais causes sociales par exemple.
Pour ce qui est du renouvellement du parc automobile, et notamment pour la réduction de la pollution et de l'accroissement de la sécurité, la non plus le compte n'y est pas vraiment, puisque les véhicules les plus en cause n'ont pas disparus lors de cette opération.
Alors, "Cui bono ?"
Officiellement, voilà ce qu'on nous a dit:
-" La prime à la casse sert à soutenir la branche automobile nationale pendant la crise, et par la même, les emplois de cette branche":
A (très court) terme, c'est effectivement ce qu'il semble. En effet, les chiffres de vente des deux groupes Français de sont assez bien redressé en 2009 et début 2010 par rapport à 2008. En analysant de plus près toute fois, on s'aperçoit qu'il y a peu de vrais achats spontanés, mais une très grande majorité d'achats anticipés. En fait ce sont des achats qui de toutes façon auraient été fais sans doute en 2010 ou 2011, et qui ont été anticipés en 2009. Du coup, on s'attend à une nouvelle chute des ventes avec la fin des primes à la casse.
Sur le point des chiffres de vente, cela ne sert qu'à repousser l'échéance, dans l'espoir qu'entre temps, le marché se sera plus ou moins redressé.
Reste que ce qui fait vivre la branche automobile n'est pas tant le nombre de voitures vendues en tant que tel, mais bien le bénéfice qui en est retiré. Hors, force est de constate que ce sont en grande majorité les petites voitures et/ou low costs qui bénéficient massivement de la prime à la casse. Par conséquent, les chiffres de ventes sont satisfaisant, mais pas les résultats financiers. Surtout si on ajoute l'abondement de la plupart des constructeurs, qui réduit encore leur marge sur ce genre de voiture.
Enfin, pour l'emploi, la plupart des véhicules ayant bénéficié ne sont pas produit sur le territoire national, et les entreprises nationales de sont pas les seules à en profiter.
- "La prime à la casse est une démarche sociale permettant au faibles revenus d'accéder à l'achat d'une voiture neuve":
La encore, c'est complètement faux. Quand on a pas 6000€ (prix minimum d'une voiture neuves, toutes primes gouvernementales déduites), c'est pas parce qu'on vous fait "cadeaux" de 1000€ que ça va changer grand chose. La encore, on constate que ce sont bien souvent les deuxièmes voitures qui sont renouvelées: la voiture de madame, ou du fiston, ou de la fille de la famille, mais en aucun cas la presqu'épave d'un ménage n'ayant pour vivre qu'un SMIC ou pire, un RSA.
Pire même, on a vu partir nombre de véhicules de moins de 15 ans, encore en excellent état, et qui auraient pu être vendus à très bas prix, ce qui les rend accessible aux ménages ayant peu de moyen financiers, tout en permettant aux vendeurs de céder leurs véhicules pour plus des 1000€ proposés par l'état, voir même plus les 2000€ en cas d'abondement de certaines marques.
- "La prime à la casse permet de renouveler le parc automobile au bénéfice de la dépollution et de la sécurité":
Là encore, ce n'est pas tout à fait vrai. La plupart des voitures qui sont parties au broyeur n'avaient que 10 ans, voir 8 ans suivant les constructeurs. Hors, si en pourcentage, on a fait de gros progrès en terme de pollution automobile ces 10 dernières années, en valeur absolue, le progrès est moindre. En effet, les véhicules des années 2000 étaient déjà très propres et avaient fait d'énormes progrès par rapport aux véhicules des années 90, et à fortiori des années 80 et avant.
Hors, les gens qui roulent avec des voitures de (parfois beaucoup) plus de 10 ans sont bien souvent les mêmes qui n'ont pas les moyens de renouveler leur véhicule, même avec l'aide d'une prime à la casse. On exclura bien sur les collectionneurs de ce raisonnement.
Pour l'aspect sécurité, le constat est un peu du même ordre, les voitures des années 2000 étant quasiment toutes déjà très sures. Là ou le bas blesse, ce sont encore sur les véhicules bien plus anciens et/ou mal entretenus, ce qui nous renvois aux ménages ayant peu de moyens financiers.
L'actuelle prime à la casse est en fait la troisième du genre dans notre pays. A chaque fois, cela à été une initiative d'un gouvernement de droite (Juppé, Balladur, Fillon) et on pourrait être tenté d'en déduire quelque chose. On pourrait même aller jusqu'à se demander pourquoi des crises automobiles françaises se sont produites sous ces gouvernements. Mais cela ne tient plus quand on regarde que d'autres pays font la même chose, alors que leurs gouvernements respectifs sont de différentes mouvances politiques.
Alors au final, "Cui oono" ? A qui tout cela bénéficie-t-il ?
Economiquement parlant, les états qui ont fait une prime à la casse se sont endetté lourdement et les grandes entreprises ne font que se maintenir à plus ou moins à flots, mais malgré tout, de nombreux sous-traitants ont mis la clé sous la porte.
Socialement, cela n'a pas empêché une vague massive de pertes d'emplois. Certes, cela auraient peut-être été pire sans ces primes à la casse. De plus, l'argent que les états ont dépensé pour ces opérations est autant d'argent qui ne pourra pas être utilisé pour autre chose, comme de vrais causes sociales par exemple.
Pour ce qui est du renouvellement du parc automobile, et notamment pour la réduction de la pollution et de l'accroissement de la sécurité, la non plus le compte n'y est pas vraiment, puisque les véhicules les plus en cause n'ont pas disparus lors de cette opération.
Alors, "Cui bono ?"