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Haïti

Publié : 14 janv. 2010, 22:43
par amor57
Pas un sujet gai mais d'actualité.

Haïti, c'est certes très éloigné de l'Ecosse, mais c'est un sujet d'actualité. Et pas seulement parce que c'est une île, tout comme l'Irlande ou la Guadeloupe, pas seulement parce qu'il y a eu un séisme, mais aussi parce que les retombées débutent. En tout cas par ici, en Guadeloupe et aussi en Martinique.

Des amis (SAMU, urgentistes) sont sur place depuis déjà 36 heures (soit une quinzaine d'heures après le tremblement de terre) avec des hôpitaux des campagne et tout le matériel. Et puis deux stocks de médicaments, le premier et le plus important pour les blessés et le second pour le personnel médical. Pour lutter contre la dépression, contre les petits bobos et les infections qui se développent, contre la fatigue...

Très nombreuses sont les personnes ici, personnel médical ou non, à avoir de la famille en Haïti. Avec la Guadeloupe et la Martinique ce sont les "trois grandes îles de la petite Caraïbe à parler français". Aucune communication téléphonique possible avec l'île, donc beaucoup d'incertitudes sur les familles qui sont restées là-haut.

Ce soir arrive à l'hôpital le premier (notre premier) avion avec des blessés et tout le monde est sur le pont. Une aile de l'hôpital rouverte, des astreintes et des gardes doublées. Et nous sommes sur le fil question produits (médicaments et dispositifs médicaux), conséquence du mauvais temps qui a perturbé les envois de métropole et qui ne nous arriveront que milieu de semaine prochaine.

Et l'administration territoriale qui s'en mêle (du préfet : "établissez pour demain midi la liste des produits que vous pouvez généreusement mettre à disposition des blessés"). Ces médicaments sont déjà partis...

Donc ambiance tendue ce soir à l'hôpital. Je boirai un dram de Bielle bdf ce soir, à la santé des survivants et en mémoire des disparus.

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 05:50
par cyriltoulousain
Nous ne pouvons te souhaiter que bon courage à toi qui vas être en première ligne dans qqes temps avec l'arrivée des premiers blessés.

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 07:41
par pompix
Bon courage Alain, ça ne va pas être joli-joli je présume ...

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 07:49
par lagaphroaig
Bon courage Alain.

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 08:32
par bpoujol
Bon courage

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 08:59
par lexus
Bon courage Alain...difficile de trouver les mots justes devant tant de malheurs et de détresse...C'est dans ces drames vécus de loin que l'on relativise très vite les choses et que l'on mesure la chance de vivre le cul dans le beurre...
Et comme on dit en wallon (pas sûr de l'orthographe): c'est todi les p'tits qu'on sprotche!

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 10:38
par Stephane
J'ai la triste impression que ce genre de catastrophes va s'amplifier les années à venir, partout dans le monde...

Et dire que malgré notre technologie toute puissante, notre arrogante intelligence, nos débats sans fin... nous ne sommes toujours pas fichus d'anticiper ce genre de phénomène naturel. Ahhh mais qu'est ce que nous sommes forts pour immédiatement après en parler, montrer des images, diffuser des reportages sinistres, évoquer les constructions pourries, montrer la détresse, demander des dons... mais quand arrivera-t-on enfin à focaliser notre attention sur l'Avant et le Risque, et non l'Après et le Drame, et à agir en fonction quoiqu'il en coûte ?
Cela va coûter X fois plus cher de tout reconstruire que cela aurait coûté de faire du bon boulot à la base, ou de refaire des bâtiments jugés dangereux.
Mais c'est tellement plus facile de "parier sur l'avenir" en se morfondant sur sa petite réalité pas terrible mais "qui marche"... jusqu'au jour où...

Bon courage Alain, et surtout prend bien garde à toi si tu es sur place car en plus de l'horreur de la situation, de l'incommensurable travail et de la fatigue extrême qui suivra, la situation des secouristes et des reporters là bas est assez dangereuse à ce que j'ai vu aux infos hier traquillement assis sur mon canapé rassurant, compatissant mais de si loin... en me disant bêtement : "Tiens, et si cela arrivait chez nous, du côté de la faille de la Côte d'Azur, en plein mois d'août, avec une intensité 8 ou 9 sur Richter ?..."

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 10:46
par lexus
Tout à fait d'accord avec Steph sur la non proactivité du monde en général...

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 11:38
par canis lupus
lexus a écrit :Tout à fait d'accord avec Steph sur la non proactivité du monde en général...
Ben pas moi. ;-)
Tout d'abord, on sait prédire les séisme et les éruptions volcaniques, tant tous les sites connu/à risque sont instrumentés. Le problème, c'est qu'on ne sait pas les prédire suffisamment à l'avance pour évacuer les gens, et qu'on ne sait pas prédire la violence de ces phénomènes. Pour ce qui est du délais de prévention, je ne crois pas que la technologie soit en cause, tant ces phénomènes sont soudains oar définition (enfin les tremblements de Terre surtout, les éruptions volcanique, ça dépend)

Pour ce qui est de la résitance des infrastructures, c'est vrai que tout n'est pas construit selon les normes anti-sismique. C'est peut-être une questions de (mauvais) choix au moment de la construction (les écart de budget sont conséquents), mais c'est aussi amha à cause de la vétusté des batiments. On ne va pas non plus raser et remplacer tous les batiments anciens dans les zones à risque de la planète, non ?

Moi ce qui me déçoit dans le comportement humain, c'est de s'enteter à continuer d'habiter des zones dont le risque et avéré, et connu. Franchement, aller construire des villes et habiter au pied de volcan, sur des iles volcaniques, sur de spoints chauds, sur des zones de hautes activité sismique, ça vous semble raisonnable ? C'est là qu'est le vrai problème, amha.
On sait que l'agglomération de Los angeles finira au fond de la mer un jour quand tout le système de failles pètera un bon coup. Est-ce que les gens s'en vont ? Est-ce qu'on cesse d'y batir ? Bien sur que non.
Pareil pour le corridor des tornades, au Texas (suit pas sur du nom). Ca se reproduit tous les ans, des aglomérations sont détruites ... puis reconstruites somme si de rien n'était, à l'identique et au même endroit.
On sait aussi qu'avec le réchauffement climatique, le niveau des eaux va monter et que de grande étendues cotières vont se retrouver sous le niveau des eaux. Est-ce que ça freine l'immobilier et le tourisme dans ces zones, est-ce qu'on a prévu de déménager les villes et les gens dans l'intérieur des terres ? Bien sur que non.

Et quand bien même on demanderait aux habitants de déserter ces zones à risque pour aller habiter un peu plus loin dans des zones sures, croyez-vous vraiment que les gens déménageraient ? Bien sur que non. Tant que le ciel ne te tombe pas sur la tête, tous ceux qui t'avertissent sont des catastrophistes, des oiseaux de mauvais augure.

A moindre échelle, c'est comme ceux qui construisent en zone inondable parce que le terrain est moins cher, et parce que "mon brave monssieur, faut pas vous inquiétez, ces gens là n'y connaissent rien avec leurs grandes théories, nous, ça fait bien 30 ans qu'on a pas eu d'inondation, y'a aps de danger".
Ben ouais, jusqu'au jour "ou".

D'ailleurs, on encore eu un triste exemple de cet état d'esprit à Copenhague. Ah ça, pour claironner partout que le film de Yann Arthus Bertrand est beau, qu'il y un message pour l'humanite et ce genre de platitude, y'a du monde. Mais quand faut sortir le stylo et signer au bas d'un vrai engagement pour freiner la polution, mais que ça va couter des milliards, y'a plus personne.

Un autre exemple dans mon "milieu". Je ne sais pas si vous avez vu le dernier message publicitaire de Renault sur le thème "changeons l'avenir, changeons l'automobile", qui fait figure de prise de consience, presque de méa culpa. Bien sur que c'est en grande partie démago: c'est de la PUB ! Renault est une entreprise internationale comme tous ces concurrents, avec la même recherche de profitabilité, de rendement, ..., voir de cynisme ?
Mais la n'est pas le problème. Le problème, c'est la réaction des concurrents, qui, plutôt que d'accompagner le mouvement, profiter de la brèche entrouverte, accusent Renault de se tirer une balle dans le pieds, de cracher dans la soupe, de dénigrer ses activités.
Faut quand même être sacrément obtu, aveugle (et con, tout simplement ?) pour préférer discréditer un message plutôt que de se rendre à l'évidence et suivre le mouvement, tout ça parce que ça oblige à changer, à se remettre en cause, à se bouger les miches, et à dépenser un peu de pognon.

Bon, je dis pas ça parce que c'est Renault, hein. Ca on s'en fout, ça aurait été pareil avec n'importe quel autre constructeur et dans n'importe quel secteur d'activité.

Tout ça pour dire qu'il ne faut pas jeter la pierre au scientifiques, aux ONG, voir même dans une certaine mesure aux gouvernement (quoiqu'il convient ici de relativiser). L'être humain est par nature con, prétentieux, apre au gain, immobiliste, ... et pleurnichar quand ce qu'il a bien cherché, voir déclenché, collectivement ou individuellement, lui retombe sur le nez.

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 13:40
par amor57
J'avais commencé à écrire une longue réponse mais IE s'est planté et j'ai tout perdu... alors en bref :

Merci à vous pour votre soutien que j'apprécie énormément.*

Pour Pascal : Aucun signe annonciateur du séisme (voir spécialistes), les bâtiments qui se sont effondrés sont récents ou anciens. Et on ne reconstruit pas un bâtiment qui représente autant que le château de Versailles, la tour Eiffel et l'Elysée réunis, ce qui était le cas du palais présidentiel. La priorité en Haïti c'est la nourriture : pays le plus pauvre - et de loin - des Amériques, on pense d'abord à nourrir avant de loger. Et puis Haïti a été ravagé par deux cyclones en 2008 (avec des dégâts considérables sur l'agriculture).

Enfin, dernière chose on ne déménage pas les gens comme on déménage une usine. Il est plus simple de déplacer une usine que de forcer des familles à déménager, quelles que soient les raisons (risque sismique, volcanique...)

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 13:44
par dede
Aléa, risque, vulnérabilité. Voilà les trois notions à prendre en compte.
Pour reprendre ce qui est dit plus haut, on prédit aujourd'hui avec une belle précision les éruptions volcaniques. Des milliers de Siciliens vivent au pied de l'Etna (en activité quasi permanente, rappelons-le) sans qu'il y ait la moindre victime.
Pour les tremblements de terre, la prédiction fine est aujourd'hui au-delà de nos capacités. On a une idée de la fréquence des séismes sur les failles les plus étudiées, mais guère mieux, et souvent avec une incertitude de l'ordre de quelques dizaines d'années.

Mais revenons à nos trois notions : l'aléa, c'est le phénomène naturel (ou pas d'ailleurs, cf. AZF) en tant que tel, le risque correspond à la probabilité que ce phénomène se produise à un instant t et à un endroit x. La vulnérabilité s'applique aux populations vivant à cet instant t et à cet endroit x. Une catastrophe est la concomitance de ces trois facteurs.
C'est pour cela que la chute d'une météorite en Sibérie en 1902 n'a pas été considérée comme une catastrophe malgré les km² de taïga dévastés : il n'y avait quasiment pas âme qui vive là-bas, donc pas de vulnérabilité. D'une autre manière, un séisme de magnitude 6 au Japon n'est en général pas une catastrophe, car malgré une densité élevée, la population et l'état sont préparés à ces phénomènes.

C'est pour cela que je suis en désaccord avec une partie du développement de Canis. Pourquoi les gens s'entêtent-ils à vivre près d'un volcan ? Car les terres y sont extrêmement fertiles, et que des populations y sont installées depuis des millénaires, littéralement enracinées. Et l'on ne peut déplacer une population comme cela. Malgré notre époque de mobilité et de technologie à tout crin, les gens demeurent profondément attachés à la terre de leurs ancêtres, de leur famille, de leur naissance.

Cette petite digression faite, j'en reviens à dire que des trois notions précédentes, la plus essentielle est la vulnérabilité : un tremblement de terre (bon, peut-être pas de magnitude 9) sur la côte d'Azur ferait probablement quelques centaines de mort. Le fameux séisme de l'Aquila a fait 308 morts. Les pays du nord (en général, restons humbles) ont les moyens de faire face à ces phénomènes. Les infrastructures y sont suffisantes pour permettre à des secours bien formés et équipés d'intervenir rapidement et efficacement. Cela n'est pas le cas dans les pays du sud. En BEP, je faisais un cours comparant deux séismes : celui de Boumerdès (Algérie, 21 mai 2003, 1100 morts et plus 7000 blessés) et celui de Niigata (Japon, 16 juillet 2007, 5 morts et 650 blessés). Le point commun entre ces deux séismes ? Leur magnitude de 6.8.

Au final, ce qui fait une catastrophe, c'est la pauvreté. Ni plus ni moins. Et c'est bien là qu'est le scandale.

Edit : Alain a été plus rapide, et je suis entièrement d'accord avec son post. Je te souhaite du courage Alain, mais plus encore aux pauvres gars qui ont subi tout cela car l'homme est encore incapable de mieux partager les formidables richesses de notre planète.
P.S : quelle idée d'utiliser IE aussi !

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 14:50
par caribou
Je suis également d'accord avec Dédé.
et bon courage à toi Alain et à tous ceux qui sont touchés et/ou en première ligne.

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 16:02
par canis lupus
Alain, André, déjà, je répondais au post de Stéphane et au tien, André, qui abondait dans son sens.

Ce que j'essayais de dire, c'est que je ne suis pas d'accord pour incriminer la science et la technologie comme responsables de ces catastrophes.
amor57 a écrit : Aucun signe annonciateur du séisme (voir spécialistes),
Ben, si on s'attends à ce que la planète passe un coup de fil pour prévenir qu'elle fera des travaux dans le coin à telle date, telle heure, que ça durera quelques minutes, que ça aura telle magnitude et qu'il risque d'y avoir un peu de dégat, évidemment, on peut considérer ne pas avoir été prévenu.
En même temps, je pense pas qu'on puisse voir arriver un tel phénomène naturel en pein milieu de la Belgique avant quelques millions d'années (suivant la dérive des continents).
Ce que je veux dire, c'est qu'à l'heure actuelle, on connait très bien les zones à risque sur la planète. On ne sait peut-être pas dire quand ça pètera ni avec quelle violence, mais on est sur que ça pètera un jour. A mes yeux, on est donc "prévenus".
amor57 a écrit : les bâtiments qui se sont effondrés sont récents ou anciens. Et on ne reconstruit pas un bâtiment qui représente autant que le château de Versailles, la tour Eiffel et l'Elysée réunis, ce qui était le cas du palais présidentiel.
Mais, pourquoi reconstruire à un endroit ou il y a eu une catastrophe ? la leçon n'a pas été claire ?

amor57 a écrit : La priorité en Haïti c'est la nourriture : pays le plus pauvre - et de loin - des Amériques, on pense d'abord à nourrir avant de loger. Et puis Haïti a été ravagé par deux cyclones en 2008 (avec des dégâts considérables sur l'agriculture).
Et donc, les gens vont quand même continuer d'habiter là, à subir régulièrement les colères de la nature ? On sait que c'est dangereux, il y aura d'autres catastrophes au même endroit, on a pas les moyens financier et/ou technologique et /ou organisationels de s'en prémunir ... mais on reconstruit, et on reste là à attendre que ça nous retombe sur le nez ?
Par exemple, pour le Tsunami en Thaïlande, on sait que c'est du à une activité sismique sous marine, on sait que ça se reproduire (dans 6 mois ou dans mille ans) ... et on reconstruit la même chose, au même endroit.
amor57 a écrit :Enfin, dernière chose on ne déménage pas les gens comme on déménage une usine. Il est plus simple de déplacer une usine que de forcer des familles à déménager, quelles que soient les raisons (risque sismique, volcanique...)
Non, la, je suis pas d'accord du tout. Ca, ce n'est pas du domaine du "on ne peut pas", c'est du domaine du "on ne veut pas". Actuellement, on ne peut pas changer l'orbite de la Terre autour du Soleil, on ne peut pas stopper ou inverser le sens de rotation de la planète, ... des choses de ce calibre, effectivement, on ne peut pas.
Pour ce qui est de déménager une usine, ton exemple est bien choit, car on ne s'amuse pas à déménager une usine. On ferme l'ancienne, et on en reconstruit une autre ailleurs.
Après la catastrophe de Tchernobyl, on a pas demander au populations locales si elles voulaient partir, on les a évacué (certes trop tard pour le plupart), point barre. Chaque fois qu'un barrage hydro-électrique a été construit, ça a impliqué l'inondation de la vallée en amont. On a pas demandé aux populations de cette vallée si elles voulaient déménager.
dede a écrit :Pour reprendre ce qui est dit plus haut, on prédit aujourd'hui avec une belle précision les éruptions volcaniques.
Ca, c'est faut. On commence à savoir classer les volcans par type, et donc à savoir quel genre d'eruption ils ont le plus de risque de déclencher. Mais on ne sait pas en prédire la date exacte, ni la puissance, même si il y a des signes avant-courreur. Ca a été le drame du St Elen.
"Hé les gars, y'a votre volcan qui va vous péter au nez, là"
"Ah ouais, mais quand ?"
"Ben on peut pas vous le dire avec précision"
"Ah ouais, ok, ben bon merci, mais on va quand même rester"
On sait comment ça a finit.
dede a écrit : Des milliers de Siciliens vivent au pied de l'Etna (en activité quasi permanente, rappelons-le) sans qu'il y ait la moindre victime.
Voilà, exactement le triste exemple type. A Pompéï et à Herculanum aussi, ils devaient penser ça ... avant. Encore que eux avaient l'excuse de ne pas avoir nos connaissances.
Et puis un jour, dans 6 mois ou dans un siècle, l'Etna se mettra en colère un bon coup, y'aura des victimes et des destructions, et on accusera les scientifiques de pas avoir prévenus assez tôt, et la technologie de pas être capable de résister à une éruption. :roll:
Et pourtant, depuis des centaines de milliers d'année, touts les jours, 24 h /24, en continue, l'Etna ne cesse de prévenir: "faites gaffes petis hommes, un jour, je vais vous marraver grave la tronche".
Mais non, les petits hommes, ils sont plus forts que la nature, et pi c'est pas de lopettes, ils ne fuient pas devant le danger, et puis "ils maîtrisent la nature" (sisi, y'en a qui ont la sote préntention de le croire).

dede a écrit : Pour les tremblements de terre, la prédiction fine est aujourd'hui au-delà de nos capacités. On a une idée de la fréquence des séismes sur les failles les plus étudiées, mais guère mieux, et souvent avec une incertitude de l'ordre de quelques dizaines d'années.
Pour l'évênement, je suis d'accord. Pour le risque, non. Les failles, les zones de subduction, les points chauds et conpagnie, on sait ou ils sont. Construire, ou rester, dessus ou a proximité, c'est un non sens.
dede a écrit :Mais revenons à nos trois notions : l'aléa, c'est le phénomène naturel (ou pas d'ailleurs, cf. AZF) en tant que tel, le risque correspond à la probabilité que ce phénomène se produise à un instant t et à un endroit x. La vulnérabilité s'applique aux populations vivant à cet instant t et à cet endroit x. Une catastrophe est la concomitance de ces trois facteurs.
Oui, donc, suivant l'endroit, on connait le risque et la vulnérabilité. On sait ou ça risque de péter (ou ça pètera forcément un jour) et simplement par ce que, ne connaissant pas ce jour, on se complait à penser que ce sera forcément dans "longtemps", il est rentable de malgrés tout installer (ou laisser en place) des populations vulnérables ?
dede a écrit : C'est pour cela que je suis en désaccord avec une partie du développement de Canis. Pourquoi les gens s'entêtent-ils à vivre près d'un volcan ? Car les terres y sont extrêmement fertiles, et que des populations y sont installées depuis des millénaires, littéralement enracinées.
On retombe donc sur des notions de rentabilité. Parce qu'à court terme, ça rapporte, on hypothèque la vie d'un plus ou moins grand nombre de gens, en espérant quand même bine que ce seront ses lointains descendant qui trinqueront ?
dede a écrit : Et l'on ne peut déplacer une population comme cela. Malgré notre époque de mobilité et de technologie à tout crin, les gens demeurent profondément attachés à la terre de leurs ancêtres, de leur famille, de leur naissance.
Et donc, celà suffit à justfier des dizaines (centaines ?) de milliers de mort ? Et comme dit plus en réponse à Alain, cela ne relève pas du "on ne peut pas", mais du "on ne veut pas".
C'est quand même assez fameux de constater qu'on puisse rester dans une zone à risque parce qu'on est "profondément attachés à la terre de leurs ancêtres, de leur famille, de leur naissance" ... mais que par contre, on part sans hésitation pour aller chercher du boulot, ou un boulot mieux payé. Quand il s'agit de pognon, les notions de terroirs ne pèsent pas lourd.
Remarques, après tout, je croise quotidiennement des gens qui se fabriquent consciencieusement un cancert des poumons pour leurs 40 ou 50 ans, tout ça parce que fumer sa clope, c'est agréable, ça détend, ça donne une contenance, etc ... C'est pas bien pire en somme.
dede a écrit :Au final, ce qui fait une catastrophe, c'est la pauvreté. Ni plus ni moins. Et c'est bien là qu'est le scandale.
On est d'accord à ceci près que la pauvreté ne crée pas la catastrophe, elle en agrave les conséquences (un peu comme la vitesse sur la route, mais ceci est un autre débat :roll: ). Et on est évidemment bien d'accord pour dire que le déséquilibre de richesse mondiale est une autres des abérations majeurs de l'humanité.
Même si l'élan de générosité est fort louable, il faut qu'il y ait une catastrophe d'une telle ampleur, avec plusieurs dizaines de milliers de mort, pour que les pays riches et les hautes instances financières se décident à aider concrétement des pays pauvres comme Haïti. Ce n'était donc pas possible de le faire avant ? De permettre à ce pays de prémunir au mieux ces habitants de telles conséquences.

Bah, après tout, (et quitte à continuer dans le cynisme), il faut bien balancer trois avions dans deux tours et dans le Pentagone pour qu'on se décide à comprendre les risques de l'intégrisme et du terrorisme et à essayer d'extirper ces gangraines des pays infectés. Et encore, même ça, on ne se donn e aps les moyens de le faire efficacement et définitivement. Résultat, le problème n'est pas résolu, et des humains (soldats ou civils) continuent de se faire tirer comme des lapins.

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 16:25
par pat gva
Mon pauvre Alain, je ne peux que te souhaiter bien du courage.

Le drame d'Haiti (l'un des pays les plus pauvre du monde ne l'oublions pas) c'est que ce Port-au-Prince qui a été touché, c'est le coeur du pays c'était la que l'ensemble des "faibles" structures étatiques étaient rassemblées.
dédé tout à fait d'accord avec toi que c'est la pauvreté qui est l'une des bases du problème. J'en veux pour preuve une interview d'un géologue français qui expliquait qu'avec les faibles moyens d'on dispose Haïti, il était irréaliste et impossible de vouloir tout protéger, il fallait au moins avoir quelques bâtiments construits selon des normes antisismiques modernes (hôpitaux, centres gouvernementaux), Ils ont été écoutés et puis rien n'a été fait. Tu as très justement fait remarqué que c'est une concomitance d'événements aggravé par les faits suivants :
- l'Homme a la mémoire courte et ne se rappel pas les leçons du passées et aura tendance à refaire les mêmes erreurs soit par atavisme (on a toujours vécu là), soit par bêtise (Cela fait 50-100 ans qu'il n'y a rien eu), soit un mixe des deux.
- Un pays comme Haïti ou les structures étatiques sont quasi inexistante le pouvoir n'a pas eu la possibilité d'établir un plan d'occupation des sols, la corruption omnipotente n'a pas arrangé les choses non plus.

Je suis en désaccord avec toi et j'abonde dans le sens de Canis lorsqu'il dit que les gens s'entêtent à construire dans des zones à risques, il est en effet scandaleux de faire supporter à l'ensemble de la communauté l'entêtement de certaines personnes, c'est de l'égoïsme. C'est le rôle de l'état de déplacer les gens qui vivent dans ces zones (qu'ils les utilisent comme terre agricoles c'est parfait, mais on devrait interdire toutes constructions en dure et établissement durables). Dans le cas qui nous concerne, je veux bien accepter que les gens n'ont pas eu le choix et que la qualité de la construction était le cadet de leurs soucis.
C'est le rôle de tout état de veiller au bien être de leur population, l'un des caractéristiques de cette dernière est justement le fait de veiller à ce que les gens ne s'établissent pas n'importe ou, et surtout pas dans une zone à risque connue . C'est une des autres caractéristiques du drame, il y a déjà eu des forts séismes dans cette zone, et rien n'a été fait pour en tenir compte.

Mais peu importe les considérations techniques, les fait le plus important, c'est qu'une catastrophe d'amplitude énorme à dévastée un pays misérable qui n'avait pas besoin de cela ils ont déjà énormément souffert des cyclones. Au drames humain et économique, s'ajoute un terrible sentiment d'impuissance lorsque l'on écrit ces mots.

Re: Haïti

Publié : 15 janv. 2010, 16:28
par dede
canis lupus a écrit :On est d'accord à ceci près que la pauvreté ne crée pas la catastrophe, elle en agrave les conséquences
Je reprends mon exemple des deux séismes de magnitude 6.8 : 1100 morts en Algérie (et là c'est une catastrophe), 5 morts au Japon (et ça n'en est plus une).
canis lupus a écrit :Et donc, les gens vont quand même continuer d'habiter là, à subir régulièrement les colères de la nature ? On sait que c'est dangereux, il y aura d'autres catastrophes au même endroit, on a pas les moyens financier et/ou technologique et /ou organisationels de s'en prémunir ... mais on reconstruit, et on reste là à attendre que ça nous retombe sur le nez ?
L'exemple du Bangladesh est parlant à ce propos. Le Bangladesh, c'est 150 millions de personnes vivant à peu près tous en zone inondable car presque tout le pays est inondable, une des plus fortes densités au monde (>1000 hab/km²). Chaque année ou presque, il y a des morts pour cause d'inondation. Et pourtant les gens continuent d'y vivre. D'abord car aucun pays ne les accueillerait. Ensuite car ces terres sont suffisamment fertiles pour accueillir cette population, et que justement Canis, à long terme, et malgré les catastrophes, cela reste humainement rentable (attention, je ne parle pas ici de rentabilité financière) de continuer à vivre là. Plus en tout cas que de risquer la famine ailleurs (qui tue chaque annéée bien plus que tous les séismes, volcans et autres cyclones réunis). Il ne faut pas prendre les peuples pour des imbéciles. Si depuis des milliers d'années certaines zones demeurent d'importants foyers de population malgré des risques élevés (le sud-est asiatique, le bassin méditerranéen - pensez à Istanbul), c'est que l'homme y trouve son compte.
canis lupus a écrit :Remarques, après tout, je croise quotidiennement des gens qui se fabriquent consciencieusement un cancert des poumons pour leurs 40 ou 50 ans, tout ça parce que fumer sa clope, c'est agréable, ça détend, ça donne une contenance, etc ... C'est pas bien pire en somme.
Sans parler des millions d'occidentaux que nous sommes à cultiver consciencieusement notre infarctus en mangeant trop gras. On peut aller loin comme ça. ;-)

Quant aux volcans, pour finir, on parvient à une prédiction à quelques semaines près (voire jours). On a fait quelques progrès depuis l'éruption du St helens. Mais encore faut-il que le volcan soit surveillé (et là se pose encore la question des moyens).