Alain, André, déjà, je répondais au post de Stéphane et au tien, André, qui abondait dans son sens.
Ce que j'essayais de dire, c'est que je ne suis pas d'accord pour incriminer la science et la technologie comme responsables de ces catastrophes.
amor57 a écrit : Aucun signe annonciateur du séisme (voir spécialistes),
Ben, si on s'attends à ce que la planète passe un coup de fil pour prévenir qu'elle fera des travaux dans le coin à telle date, telle heure, que ça durera quelques minutes, que ça aura telle magnitude et qu'il risque d'y avoir un peu de dégat, évidemment, on peut considérer ne pas avoir été prévenu.
En même temps, je pense pas qu'on puisse voir arriver un tel phénomène naturel en pein milieu de la Belgique avant quelques millions d'années (suivant la dérive des continents).
Ce que je veux dire, c'est qu'à l'heure actuelle, on connait très bien les zones à risque sur la planète. On ne sait peut-être pas dire quand ça pètera ni avec quelle violence, mais on est sur que ça pètera un jour. A mes yeux, on est donc "prévenus".
amor57 a écrit : les bâtiments qui se sont effondrés sont récents ou anciens. Et on ne reconstruit pas un bâtiment qui représente autant que le château de Versailles, la tour Eiffel et l'Elysée réunis, ce qui était le cas du palais présidentiel.
Mais, pourquoi reconstruire à un endroit ou il y a eu une catastrophe ? la leçon n'a pas été claire ?
amor57 a écrit : La priorité en Haïti c'est la nourriture : pays le plus pauvre - et de loin - des Amériques, on pense d'abord à nourrir avant de loger. Et puis Haïti a été ravagé par deux cyclones en 2008 (avec des dégâts considérables sur l'agriculture).
Et donc, les gens vont quand même continuer d'habiter là, à subir régulièrement les colères de la nature ? On sait que c'est dangereux, il y aura d'autres catastrophes au même endroit, on a pas les moyens financier et/ou technologique et /ou organisationels de s'en prémunir ... mais on reconstruit, et on reste là à attendre que ça nous retombe sur le nez ?
Par exemple, pour le Tsunami en Thaïlande, on sait que c'est du à une activité sismique sous marine, on sait que ça se reproduire (dans 6 mois ou dans mille ans) ... et on reconstruit la même chose, au même endroit.
amor57 a écrit :Enfin, dernière chose on ne déménage pas les gens comme on déménage une usine. Il est plus simple de déplacer une usine que de forcer des familles à déménager, quelles que soient les raisons (risque sismique, volcanique...)
Non, la, je suis pas d'accord du tout. Ca, ce n'est pas du domaine du "on ne peut pas", c'est du domaine du "on ne veut pas". Actuellement, on ne peut pas changer l'orbite de la Terre autour du Soleil, on ne peut pas stopper ou inverser le sens de rotation de la planète, ... des choses de ce calibre, effectivement, on ne
peut pas.
Pour ce qui est de déménager une usine, ton exemple est bien choit, car on ne s'amuse pas à déménager une usine. On ferme l'ancienne, et on en reconstruit une autre ailleurs.
Après la catastrophe de Tchernobyl, on a pas demander au populations locales si elles
voulaient partir, on les a évacué (certes trop tard pour le plupart), point barre. Chaque fois qu'un barrage hydro-électrique a été construit, ça a impliqué l'inondation de la vallée en amont. On a pas demandé aux populations de cette vallée si elles
voulaient déménager.
dede a écrit :Pour reprendre ce qui est dit plus haut, on prédit aujourd'hui avec une belle précision les éruptions volcaniques.
Ca, c'est faut. On commence à savoir classer les volcans par type, et donc à savoir quel genre d'eruption ils ont le plus de risque de déclencher. Mais on ne sait pas en prédire la date exacte, ni la puissance, même si il y a des signes avant-courreur. Ca a été le drame du St Elen.
"Hé les gars, y'a votre volcan qui va vous péter au nez, là"
"Ah ouais, mais quand ?"
"Ben on peut pas vous le dire avec précision"
"Ah ouais, ok, ben bon merci, mais on va quand même rester"
On sait comment ça a finit.
dede a écrit : Des milliers de Siciliens vivent au pied de l'Etna (en activité quasi permanente, rappelons-le) sans qu'il y ait la moindre victime.
Voilà, exactement le triste exemple type. A Pompéï et à Herculanum aussi, ils devaient penser ça ... avant. Encore que eux avaient l'excuse de ne pas avoir nos connaissances.
Et puis un jour, dans 6 mois ou dans un siècle, l'Etna se mettra en colère un bon coup, y'aura des victimes et des destructions, et on accusera les scientifiques de pas avoir prévenus assez tôt, et la technologie de pas être capable de résister à une éruption.
Et pourtant, depuis des centaines de milliers d'année, touts les jours, 24 h /24, en continue, l'Etna ne cesse de prévenir: "faites gaffes petis hommes, un jour, je vais vous marraver grave la tronche".
Mais non, les petits hommes, ils sont plus forts que la nature, et pi c'est pas de lopettes, ils ne fuient pas devant le danger, et puis "ils maîtrisent la nature" (sisi, y'en a qui ont la sote préntention de le croire).
dede a écrit : Pour les tremblements de terre, la prédiction fine est aujourd'hui au-delà de nos capacités. On a une idée de la fréquence des séismes sur les failles les plus étudiées, mais guère mieux, et souvent avec une incertitude de l'ordre de quelques dizaines d'années.
Pour l'évênement, je suis d'accord. Pour le risque, non. Les failles, les zones de subduction, les points chauds et conpagnie, on sait ou ils sont. Construire, ou rester, dessus ou a proximité, c'est un non sens.
dede a écrit :Mais revenons à nos trois notions : l'aléa, c'est le phénomène naturel (ou pas d'ailleurs, cf. AZF) en tant que tel, le risque correspond à la probabilité que ce phénomène se produise à un instant t et à un endroit x. La vulnérabilité s'applique aux populations vivant à cet instant t et à cet endroit x. Une catastrophe est la concomitance de ces trois facteurs.
Oui, donc, suivant l'endroit, on connait le risque et la vulnérabilité. On sait ou ça risque de péter (ou ça pètera forcément un jour) et simplement par ce que, ne connaissant pas ce jour, on se complait à penser que ce sera forcément dans "longtemps", il est
rentable de malgrés tout installer (ou laisser en place) des populations vulnérables ?
dede a écrit : C'est pour cela que je suis en désaccord avec une partie du développement de Canis. Pourquoi les gens s'entêtent-ils à vivre près d'un volcan ? Car les terres y sont extrêmement fertiles, et que des populations y sont installées depuis des millénaires, littéralement enracinées.
On retombe donc sur des notions de rentabilité. Parce qu'à court terme, ça rapporte, on hypothèque la vie d'un plus ou moins grand nombre de gens, en espérant quand même bine que ce seront ses lointains descendant qui trinqueront ?
dede a écrit : Et l'on ne peut déplacer une population comme cela. Malgré notre époque de mobilité et de technologie à tout crin, les gens demeurent profondément attachés à la terre de leurs ancêtres, de leur famille, de leur naissance.
Et donc, celà suffit à justfier des dizaines (centaines ?) de milliers de mort ? Et comme dit plus en réponse à Alain, cela ne relève pas du "on ne
peut pas", mais du "on ne
veut pas".
C'est quand même assez fameux de constater qu'on puisse rester dans une zone à risque parce qu'on est "profondément attachés à la terre de leurs ancêtres, de leur famille, de leur naissance" ... mais que par contre, on part sans hésitation pour aller chercher du boulot, ou un boulot mieux payé. Quand il s'agit de pognon, les notions de terroirs ne pèsent pas lourd.
Remarques, après tout, je croise quotidiennement des gens qui se fabriquent consciencieusement un cancert des poumons pour leurs 40 ou 50 ans, tout ça parce que fumer sa clope, c'est agréable, ça détend, ça donne une contenance, etc ... C'est pas bien pire en somme.
dede a écrit :Au final, ce qui fait une catastrophe, c'est la pauvreté. Ni plus ni moins. Et c'est bien là qu'est le scandale.
On est d'accord à ceci près que la pauvreté ne crée pas la catastrophe, elle en agrave les conséquences (un peu comme la vitesse sur la route, mais ceci est un autre débat

). Et on est évidemment bien d'accord pour dire que le déséquilibre de richesse mondiale est une autres des abérations majeurs de l'humanité.
Même si l'élan de générosité est fort louable, il faut qu'il y ait une catastrophe d'une telle ampleur, avec plusieurs dizaines de milliers de mort, pour que les pays riches et les hautes instances financières se décident à aider concrétement des pays pauvres comme Haïti. Ce n'était donc pas possible de le faire avant ? De permettre à ce pays de prémunir au mieux ces habitants de telles conséquences.
Bah, après tout, (et quitte à continuer dans le cynisme), il faut bien balancer trois avions dans deux tours et dans le Pentagone pour qu'on se décide à comprendre les risques de l'intégrisme et du terrorisme et à essayer d'extirper ces gangraines des pays infectés. Et encore, même ça, on ne se donn e aps les moyens de le faire efficacement et définitivement. Résultat, le problème n'est pas résolu, et des humains (soldats ou civils) continuent de se faire tirer comme des lapins.