Voilà pour le contexte.
Maintenant, voici l'histoire proprement dite, voici l'intrigue de ma chanson (comme disait l'autre).
Oyez, oyez, la légende de saint Glen et des saints alambics
Un équipage viking, qui s'était perdu en haute mer après avoir abusé d'eau de vie de morue et autres brises-crâne, était arrivé fortuitement sur les rivages verdoyants du Speyside. "Chic", pensèrent-ils, "on va bien s'amuser".
Avec leurs bateaux à fond plat, les viking remontèrent à toute vitesse le cours de la rivière Spey, sans négliger de tout dévaster sur leur passage, les grosses brutes.
Appâtés par l'odeur forte d'alcool, dont ils avaient coutume de faire une consommation excessive et réprouvée par les législations d'aujourd'hui, ils posèrent d'abord leurs bottes à poils de chèvre dans le petit village de Craigellachie, où ils dévorèrent les femmes et violèrent les troupeaux.
Ceci fait, parce qu'ils étaient contents, ils vidèrent la moitié de fûts de sherry de la distillerie Maccalan, les démolirent méticuleusement et en firent un grand feu de joie. Conséquence : de nos jours, Macallan doit utiliser des fûts de chêne neufs pompeusement appelés "fine oak" pour faire croire que c'est aussi bon qu'avant et vendre au même prix... (
fin de la digression)
Le lendemain, ils n'avaient pas encore fini de cuver leur Maccalan, lorsqu'ils échouèrent à Ballindalloch, à cause d'une mauvaise manoeuvre du pilote (boire où tenir la barre, il faut choisir).
"Pas grave", se dirent-ils, confiants en leur bonne étoile, "paraît qu'il y a là une excellente distillerie tenue par des moines opulents et grassouillets", et ils se dirigèrent vers le monastère de Glenfarc... en chantant et en poussant des hurlements virils d'excitation.
Ils brisèrent les portes, renversèrent le mobilier pour faire du bruit, arrachèrent les tentures avec les dents, mais les moines restaient introuvables. Inconsolables, les vikings allèrent se détendre à la distillerie, dont ils vidèrent les réserves, sans grand enthousiasme, parce qu'ils étaient vraiment très déçus.
Au moment de partir, comme tout le whisky avait été bu, le plus jeune des vikings, et le plus vif d'esprit, eut l'idée de distiller un peu de "new make spirit", à emporter pour la route. C'est comme cela qu'il découvrit les moines, qui se croyaient bien cachés à l'intérieur des alambics...
La suite, c'est un épisode ultra-violent avec moult crânes fendus, comme c'était la mode à une époque (hélas révolue).
Quelques jours plus tard, saint-Glen qui passait par là pour s'abreuver à la bonne source, ressuscita les moines et bénit les alambics. Depuis, chaque nuit, un miracle s'accomplit : le fond des alambics se remplit de quelques litres de sang de moine, qui donne au whisky de Glenfarc... cette sympathique teinte brunâtre si caractéristique.
Voilà, j'espère que cette histoire vous a plu et que Canis ne va pas me contredire.
