Hey !
Je commencerais par dire qu'en effet au début j'avais beaucoup plus de facilités à déchiffrer les aromes des whiskies tourbés de ceux des whiskies non-tourbés et je pense qu'on a été beaucoup dans le cas (quand on excepte ceux que la tourbe a complètement rebuté en bloc dès le début).
Parmi la liste que tu mentionnes, d'après moi, il y a une légère confusion car il y a là-dedans des termes que je n'utilise pas pour qualifier le gout, mais plutôt la texture.
Pour moi, mais c'est une opinion qui n'engage que moi, rond ne veut pas dire grand chose, et doux peut avoir beaucoup d'interprétations différentes selon le contexte. Huileux aussi se rattache plus à une texture pour moi, mais peut aussi s'entendre comme un champ aromatique, qui cependant est plus fréquemment associé aux tourbés à nouveau (je pense à Ledaig par exemple). Y a des Arran assez portés sur des aromes huileux aussi cependant, et Clynelish aussi (même si c'est plutôt une caractéristique secondaire de son coté très cireux), Ben Nevis, Craigellachie, Springbank ...
Pour le reste, il y a des tas d'exemples et il faut savoir que ce n'est pas un problème de ne pas trouver les mêmes aromes que le voisin dans son whisky : si tout le monde trouvait la même chose, ça perdrait beaucoup de charme. Ce n'est pas une honte non plus de dire qu'un tel whisky est peu expressif, ou encore qu'on arrive pas à mettre des mots sur ce qu'il propose : ça arrive encore à tout le monde !
Quelques exemples :
- Fruité : beaucoup de Speysiders notamment la plupart des Glenburgies des 90's sortis récemment par exemple, mais surtout la quasi totalité des Irlandais jeunes et moins jeunes (la qualité du fruité différant selon l'âge). Une grande majorité des Balblair non-single-cask en bourbon cask (je pense au 1997 2nd ed qu'on ne trouve plus beaucoup mais qui était dingue) : distillerie très sous-estimée Balblair, d'après moi. Une bonne liste d'Inchmurrin récents sont très fruités aussi. Dans des trucs plus vieux que tu auras du mal à trouver : les vieux Benriach (76 e.g.), Tomatin (76), Glen Grant, Caperdonich, Glen Goyne ... Tout type de maturation peut mettre le fruit en avant, le plus souvent le bourbon mènera à du fruit plutôt jaune, frais, juteux, là ou le sherry ira plus vers les fruits rouges ou noirs, l'abricot, les confits / fruits macérés.
- Epicé : autant dans le fruité, le sherry et le bourbon peuvent tous les deux y parvenir, autant dans le domaine de l'épicé, la plupart s'entendent à dire que c'est surtout une affaire de sherry. Mais pas que ! Certains Dailuaine bourbon sont connus pour leur caractère épicé, pareil pour certains Banff ou Convalmore mais ça court pas les rues. Dans ce domaine on retrouve aussi les viandés avec les Mortlach sherry et les Benrinnes sherry en chefs de file. Sinon pour ce qui est plutôt épices chaudes style cannelle muscade, des dizaines de sherry plus classiques peuvent faire l'affaire, comme le Glendronach 18 Allardice, beaucoup d'"undisclosed speyside" sherry sortis récemments, des Aberlour, des Benromach, des Glenlivet, ...
- Floraux : là ça peut être très variable mais, à la volée, peuvent revêtir des aromes floraux : Glen Keith, Clynelish, les Bowmore des années 80's, Bladnoch, ... mais là y a moins de constantes.
- Herbacés : les Lowlands sont assez champions là dedans. Beaucoup de Bladnoch et d'Auchentoshan peuvent avoir un coté herbacé très net et très plaisant. St-Magdalene était réputé pour ça aussi notamment, mais ça ne se trouve plus vriament. Les Benrinnes bourbon aussi, les Aultmore, les Tormore, ... mais souvent ça va de paire avec un coté fruité qui complète.
Tout ça sont dès règles très générales avec quasi autant d'exceptions ... c'est difficile de mettre dès règles et des cases sur le whisky ! Et au final, c'est sans doute pas plus mal
