Martinique vs Guadeloupe: un match
Publié : 25 févr. 2016, 13:58
En parrallèle à FB, voilà un petit compte-rendu de la soirée dégustation organisée par Hubert Corman hier soir autour 4 embouteillages vieux (4-8 ans d’âge) de Martinique et Guadeloupe.
L’idée est de goûter des choses assez confidentielles sur le continent comparées aux mastodontes (Clément, Damoiseau, etc.) et auxquels on ne pense pas forcément en premier lieu: Héritiers Madkaud, Hardy, Montebello et Bologne.

Comme à chaque fois, on arrive tous en avance pour se retrouver à papoter des dernières découvertes au milieu des murs de quilles en rayons, puis on descend pour la dégustation proprement dit :

Héritier Madkaud, cuvée Castelmore, 40°, 4 ans d’âge.
Une maison familiale du Nord de l’Ile qui a redémarré l’activité loin des moyens des grands groupes, qui travaille avec une fermentation rapide (24h), probablement avec des levures de culture, et un vieillissement en ex fûts de Bourbon.
Aspect assez gras et huileux pour 4 ans.
Nez : sur l’orange, la banane, la noix de coco, qui évolue vers le massepain et le moka, puis la pomme, le tabac/cuir et la violette (j’ai pas trouvé ça tout seul...). Assez classieux globalement!
En bouche : de la réglisses, de la girofle, du cuir, un coté métallique, puis du pin, on retrouve la violette/bonbon des Vosges.
Pas mal du tout, la bouche manque peut-être un peu de longueur mais c’est assez équilibré globalement. La réduction à 40° doit y être pour quelque chose : on se dit qu’avec 42/43°, il aurait vraiment envoyé du lourd!
Hubert nous explique de manière générale qu’un des procédés de réductions consiste à réduire de 10% en sortie de colonne (avant vieillissement donc), puis une nouvelle réduction après vieillissement.

On passe à la maison Hardy, plus grande que Madkaud, avec leur rhum vieux, 42° en bouteille d’1 Litre. Maison très appréciée sur l’Ile, et distribuée essentiellement là-bas. Une fermentation lente (48h, voire 72h) avec des levures endémiques, et une distillation chez St James.
Au nez : plus végétale, plus fondue, qui évolue d’abord sur la pomme cuite, la résine avec un côté acrylique, et qui s’ouvre sur l’agrume, la mandarine surtout.
En bouche : sur la réglisse, le tabac, les agrumes, c’est plus riche/gras et surtout plus long en bouche, les 2 degrés de plus que le premiers sont flagrants pour le coup ! Très bon globalement pour un rhum vieux.
Entre deux verres, le patron des lieux nous explique l’importance de la fermentation, une étape où l’homme a le plus d’impact finalement, avec le choix des levures, la durée de fermentation, etc.
On passe à la Guadeloupe avec Montebello, distillerie familiale qui a ré-émergé dans les années 80, et leur 6 ans d’âge, 42°.
Nez : tabac, orange, un peu de cuir, un coté bonbon/pâtissier, le miel d’acacia et le raisin de Corinthe. Perso ça me rappelle certains Grand Arôme de la Réunion.
Bouche : plus métallique, quasi piquant, avec un côté lacté, quasi fumé/hydrocarbure. Pas aussi riche qu’Hardy mais le plus long en bouche de la série. Perso, ça manque peut-être un peu d’équilibre, mais j’aime beaucoup ces marqueurs-là.
On termine avec Bologne, la plus vieille distillerie de Guadeloupe, et leur rhum vieux, 42°.
Le plus gras d’aspect, ça colle franchement au verre. Au nez : sur le foin, herbeux, qui se développe sur l’agrume.
Bouche : de la mandarine d’abord, avec un côté frais, puis sur le café, assez rond, ça devient puissant en bouche avec le temps. Très réussi.
Au global, la quille Hardy a rencontré un beau succès côté Martinique; pour la Guadeloupe, la bouteille de Bologne arrive en tête. Ça donne envie d’aller voir du côté de leurs Hors d’Age…

Again, une très bonne soirée, pleins d’échanges, on apprend toujours autant !
L’idée est de goûter des choses assez confidentielles sur le continent comparées aux mastodontes (Clément, Damoiseau, etc.) et auxquels on ne pense pas forcément en premier lieu: Héritiers Madkaud, Hardy, Montebello et Bologne.

Comme à chaque fois, on arrive tous en avance pour se retrouver à papoter des dernières découvertes au milieu des murs de quilles en rayons, puis on descend pour la dégustation proprement dit :

Héritier Madkaud, cuvée Castelmore, 40°, 4 ans d’âge.
Une maison familiale du Nord de l’Ile qui a redémarré l’activité loin des moyens des grands groupes, qui travaille avec une fermentation rapide (24h), probablement avec des levures de culture, et un vieillissement en ex fûts de Bourbon.
Aspect assez gras et huileux pour 4 ans.
Nez : sur l’orange, la banane, la noix de coco, qui évolue vers le massepain et le moka, puis la pomme, le tabac/cuir et la violette (j’ai pas trouvé ça tout seul...). Assez classieux globalement!
En bouche : de la réglisses, de la girofle, du cuir, un coté métallique, puis du pin, on retrouve la violette/bonbon des Vosges.
Pas mal du tout, la bouche manque peut-être un peu de longueur mais c’est assez équilibré globalement. La réduction à 40° doit y être pour quelque chose : on se dit qu’avec 42/43°, il aurait vraiment envoyé du lourd!
Hubert nous explique de manière générale qu’un des procédés de réductions consiste à réduire de 10% en sortie de colonne (avant vieillissement donc), puis une nouvelle réduction après vieillissement.

On passe à la maison Hardy, plus grande que Madkaud, avec leur rhum vieux, 42° en bouteille d’1 Litre. Maison très appréciée sur l’Ile, et distribuée essentiellement là-bas. Une fermentation lente (48h, voire 72h) avec des levures endémiques, et une distillation chez St James.
Au nez : plus végétale, plus fondue, qui évolue d’abord sur la pomme cuite, la résine avec un côté acrylique, et qui s’ouvre sur l’agrume, la mandarine surtout.
En bouche : sur la réglisse, le tabac, les agrumes, c’est plus riche/gras et surtout plus long en bouche, les 2 degrés de plus que le premiers sont flagrants pour le coup ! Très bon globalement pour un rhum vieux.
Entre deux verres, le patron des lieux nous explique l’importance de la fermentation, une étape où l’homme a le plus d’impact finalement, avec le choix des levures, la durée de fermentation, etc.
On passe à la Guadeloupe avec Montebello, distillerie familiale qui a ré-émergé dans les années 80, et leur 6 ans d’âge, 42°.
Nez : tabac, orange, un peu de cuir, un coté bonbon/pâtissier, le miel d’acacia et le raisin de Corinthe. Perso ça me rappelle certains Grand Arôme de la Réunion.
Bouche : plus métallique, quasi piquant, avec un côté lacté, quasi fumé/hydrocarbure. Pas aussi riche qu’Hardy mais le plus long en bouche de la série. Perso, ça manque peut-être un peu d’équilibre, mais j’aime beaucoup ces marqueurs-là.
On termine avec Bologne, la plus vieille distillerie de Guadeloupe, et leur rhum vieux, 42°.
Le plus gras d’aspect, ça colle franchement au verre. Au nez : sur le foin, herbeux, qui se développe sur l’agrume.
Bouche : de la mandarine d’abord, avec un côté frais, puis sur le café, assez rond, ça devient puissant en bouche avec le temps. Très réussi.
Au global, la quille Hardy a rencontré un beau succès côté Martinique; pour la Guadeloupe, la bouteille de Bologne arrive en tête. Ça donne envie d’aller voir du côté de leurs Hors d’Age…

Again, une très bonne soirée, pleins d’échanges, on apprend toujours autant !