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Nez: De la vanille à plein nez. Très gourmand et pâtissier, évoque plus un Lowlander ou un Speysider qu'un Ileach. Fruité (orange ? fruits jaunes et exotiques ?) et floral. Epicé (gingembre), légèrement tourbé/viandé, un chouilla picotant. Riche avec la complexité sous jacente propre à la Laddie, aguicheur et intriguant.
Bouche: L'attaque est sèche et chaude, avec un immense crescendo épicé (gingembre) qui submerge toute autre saveur. Puis elle s'adoucit et s'équilibre sur des notes vanillées/boisées, florales et herbacées.
Chaud et picotant, presqu'effervescent comme du champagne, mais pas agressif passées les deux ou trois premières gorgées et un peu d'oxygénation. Apparaissent alors quelques délicieuses gorgées fruitées juteuses (comme un jus d'orange pressé). Le corps manque un peu de densité et de gras, l'alcool -comme dans tous les O.M.C. que j'ai goûtés à ce jour- équilibre excellemment le tout.
La finale est interminable (les caudalies ne se comptent plus!), épicée, vanillée et saline.
Racé et délicat à la fois, cet excellent malt est très représentatif de la finesse et de la complexité retenue de la Laddie, il lui manque juste à mon gré une certaine dimension en milieu de bouche pour obtenir mon appréciation maximale.
Je suis aussi intrigué car les trois O.M.C que j'ai goûtés à ce jour (avec l'Ardbeg 9 ans et le Scapa 25 ans) faisaient preuve de certaines notes communes (notamment une salinité bien particulière). Certains chais de Douglas Laing seraient-ils exposés de manière spéciale à une influence maritime ?...
en tout cas pour moi 3 O.M.C. : 3 coups de coeur à ce jour! :D
Après pas mal de temps consacré à la dégustation exclusive de ce dram, je m'en suis rajouté un peu pour tenter une alliance avec un Nicarao pyramide (ou obus, je sais plus comment il s'appelle).
Au début j'ai eu peur car ce cigare est très puissant, corsé et épicé, et je me suis dit que j'allais purement et simplement m'arracher la gueule avec ces deux "bombes" réunies!
Mais finalement bien m'en a pris, car l'alliance fût vraiment une réussite. Toute en contrastes, en fait le whisky au lieu d'accentuer le côté épicé/corsé du cigare, le calmait à chaque fois et semblait "nettoyer la bouche" de toute trace âcre et brûlante. Le cigare faisait ressortir le côté floral/herbes faiches du Bruich, sa salinité aussi mais le côté épicé semblait alors s'apaiser. C'était un peu comme une lutte entre deux géants où chacun à tour de rôle tentait d'imposer sa loi et ses saveurs, un combat riche en émotions et passionant bien qu'assez brutal par moments.
Cela m'a fait penser que la gamme des O.M.C., avec ce degré d'alcool si merveilleusement présent et équilibré à la fois, représentait peut-être le type idéal de single malts à marier avec des puros...
En tout cas une excellente noche haute en couleurs (au point que je n'en ai pas trop dormi et suis un peu beaucoup naze ce matin).
Stéphane

