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Bruichladdich 1986 (17 ans) - Douglas Laing O.M.C. 50°

Publié : 25 janv. 2006, 09:56
par Stephane
Cask #724 (ça rentrait pas dans le titre du sujet!)

****(*)

Nez: De la vanille à plein nez. Très gourmand et pâtissier, évoque plus un Lowlander ou un Speysider qu'un Ileach. Fruité (orange ? fruits jaunes et exotiques ?) et floral. Epicé (gingembre), légèrement tourbé/viandé, un chouilla picotant. Riche avec la complexité sous jacente propre à la Laddie, aguicheur et intriguant.

Bouche: L'attaque est sèche et chaude, avec un immense crescendo épicé (gingembre) qui submerge toute autre saveur. Puis elle s'adoucit et s'équilibre sur des notes vanillées/boisées, florales et herbacées.
Chaud et picotant, presqu'effervescent comme du champagne, mais pas agressif passées les deux ou trois premières gorgées et un peu d'oxygénation. Apparaissent alors quelques délicieuses gorgées fruitées juteuses (comme un jus d'orange pressé). Le corps manque un peu de densité et de gras, l'alcool -comme dans tous les O.M.C. que j'ai goûtés à ce jour- équilibre excellemment le tout.
La finale est interminable (les caudalies ne se comptent plus!), épicée, vanillée et saline.
Racé et délicat à la fois, cet excellent malt est très représentatif de la finesse et de la complexité retenue de la Laddie, il lui manque juste à mon gré une certaine dimension en milieu de bouche pour obtenir mon appréciation maximale.

Je suis aussi intrigué car les trois O.M.C que j'ai goûtés à ce jour (avec l'Ardbeg 9 ans et le Scapa 25 ans) faisaient preuve de certaines notes communes (notamment une salinité bien particulière). Certains chais de Douglas Laing seraient-ils exposés de manière spéciale à une influence maritime ?...
en tout cas pour moi 3 O.M.C. : 3 coups de coeur à ce jour! :D

Après pas mal de temps consacré à la dégustation exclusive de ce dram, je m'en suis rajouté un peu pour tenter une alliance avec un Nicarao pyramide (ou obus, je sais plus comment il s'appelle).
Au début j'ai eu peur car ce cigare est très puissant, corsé et épicé, et je me suis dit que j'allais purement et simplement m'arracher la gueule avec ces deux "bombes" réunies!
Mais finalement bien m'en a pris, car l'alliance fût vraiment une réussite. Toute en contrastes, en fait le whisky au lieu d'accentuer le côté épicé/corsé du cigare, le calmait à chaque fois et semblait "nettoyer la bouche" de toute trace âcre et brûlante. Le cigare faisait ressortir le côté floral/herbes faiches du Bruich, sa salinité aussi mais le côté épicé semblait alors s'apaiser. C'était un peu comme une lutte entre deux géants où chacun à tour de rôle tentait d'imposer sa loi et ses saveurs, un combat riche en émotions et passionant bien qu'assez brutal par moments.
Cela m'a fait penser que la gamme des O.M.C., avec ce degré d'alcool si merveilleusement présent et équilibré à la fois, représentait peut-être le type idéal de single malts à marier avec des puros...

En tout cas une excellente noche haute en couleurs (au point que je n'en ai pas trop dormi et suis un peu beaucoup naze ce matin). :lol:

Stéphane

Re: Bruichladdich 1986 (17 ans) - Douglas Laing O.M.C. 50°

Publié : 26 janv. 2006, 09:37
par laphroaig c moi
Stephane a écrit :Je suis aussi intrigué car les trois O.M.C que j'ai goûtés à ce jour (avec l'Ardbeg 9 ans et le Scapa 25 ans) faisaient preuve de certaines notes communes (notamment une salinité bien particulière). Certains chais de Douglas Laing seraient-ils exposés de manière spéciale à une influence maritime ?...
J'ai eu une discussion avec JMB de LMDW à ce sujet. En fait je suis passé lui faire goûter le Strathisla du blind tasting pour avoir son avis, en gros comme il m'a un peu déçu (et comme beaucoup d'entre vous l'avez pris pour un whisky très jeune) je voulais savoir si j'étais tombé sur un fût un peu en-dessous des autres - faut dire que les commentaires sur le site MDW sont plutôt attirants et le fût suivant qui est en boutique en ce moment est nettement plus foncé. Par parenthèse il semblerait que sans être un mauvais fût il soit un peu en-dessous des autres. Bref j'ai été assez surpris, rien qu'en le sentant, je m'attendais à ce qu'il pronostique une région et un âge, mais le premier truc qu'il a dit c'est "je pense que c'est un Signatory" :shock: . En fait il a reconnu le style très "franc" de cet embouteilleur, et il m'expliquait que Symington sélectionne ses fûts direct dans les distilleries et ne les amène chez lui que un mois ou deux avant la mise en bouteilles. A l'opposé G&M qui ont leurs propres chais produisent des whiskies beaucoup plus doux en raison des conditions particulières de stockage (que je ne connais pas en détail). Et puis l'autre jour en goûtant un StMagdalene Cadenhead's que j'avais échangé avec Nikos j'ai trouvé un parfum qui m'a replongé direct dans les échantillons du concours Cadenhead. Bref il y a bien un style propre à chaque embouteilleur, donc ce que tu dis des OMC ne m'étonne pas.

Pour info dans la suite de la dégustation JMB m'a dit "on pourrait croire qu'il est très jeune mais il ne l'est sans doute pas tant que ça : peut-être 12, 13, 14 ans", donc il le voyait moins jeune que la plupart d'entre vous mais en-dessous de ses 17 ans quand même, ce qui confirme l'hypothèse du fût en fin de vie. Et puis il a fini par dire un Speyside ou un Lowland. Bref il vous a tous battus à plate couture :lol: .

Publié : 26 janv. 2006, 10:10
par Serge
Ce que tu dis Laphroaig c'est que les indépendants qui ne stockent pas chez eux offrent des styles très variés ("francs") comme Signatory, et que ceux qui stockent les fûts chez eux (comme DL, G&M) offrent un style plus harmonisé, lié à la maturation sur un même site (ou 2-3 sites).

Cela a du sens ! Entrent aussi en ligne de compte les équipements de mise en bouteille je pense et l'eau utilisée... Bien sûr ces styles rejaillissent sur les indépendants plus petits qui s'approvisionnent à façon chez les "big" (non je n'en ai pas la liste)

En tout cas JMB est un bon ! (pub gratuite, ça fera un dram siouplait)

Publié : 26 janv. 2006, 10:19
par laphroaig c moi
Serge a écrit :Ce que tu dis Laphroaig c'est que les indépendants qui ne stockent pas chez eux offrent des styles très variés ("francs") comme Signatory
Oui enfin si j'ai bien compris, franc parce que lui c'est ce qu'il choisit dans les chais, un autre embouteilleur qui fonctionne de la même manière pourra sans doute choisir un autre style ? Mais en tout cas on reste dans des "styles" particuliers, sans que ça aille jusqu'à des arômes communs comme chez ceux qui stockent eux-mêmes. Enfin si j'ai bien compris :oops: .

Pour le reste de ce que tu dis, ben oui j'imagine que ça joue aussi, surtout l'eau je crois, cf les Very cloudy qui ont des points communs peut-être dûs au fait que l'eau est ajoutée après filtrage et qu'on la ressent plus du coup ?

Publié : 26 janv. 2006, 11:33
par Serge
Attention, je ne pense pas qu'il faille imaginer que les indépendants sélectionnent tous leurs fûts "un par un". Souvent ce sont des lots complets consécutifs qui sont achetés.
Jetez un coup d'oeil aux numéros des fûts mis en marché par un embouteilleur pour une distillerie et un millésime donnés, et vous verrez qu'il y a souvent des séries de 5, 10 fûts ou plus qui se suivent. On est parfois loin de la "sélection à la main".
La patiente sélection genre "en goûtant plein de fûts pour n'en sélectionner qu'un" est parfois un mythe... Pas toujours, mais parfois...

Publié : 26 janv. 2006, 12:40
par antoine
cadenheah's ?

Publié : 26 janv. 2006, 14:06
par Serge
antoine a écrit :cadenheah's ?
Je ne sais pas trop...

Publié : 26 janv. 2006, 15:00
par Stephane
Et sur toutes les gammes Signatory :
43°
Unchillfitered 46°
SFTC
Cask Strengh Collection
et notamment une des dernières créées pour LMDW : Unflitered Handbottled

as-tu des infos Serge ?
sur leur façon de procéder : sélection des fûts, embouteillages "à la main ?", réduction ou pas réduction ?...

Moi je commence à m'y perdre dans tous leurs embouteillages et appellations !

Publié : 26 janv. 2006, 16:01
par Serge
Stéphane, vous êtes tous en voie d'anorakisation sévère !
Je n'ai jamais visité Signatory (faut que je le fasse - note à moi-même) mais il me semble que leurs étiquettes sont assez claires en ce qui concerne les procédés de mise en bouteille.
Pour les choix des gammes, il me semble que lorsqu'il y a un grand nombre de fûts consécutifs ou similaires (par exemple 10 Caol Ila 1992 bourbon), les indies les répartissent plus ou moins sur toutes leurs gammes, de la moins chère à la plus chère, sans compter les reventes à des indies plus petits. En revanche, lorsqu'il y a de petits lots ou des fûts uniques, le choix de la gamme semble se faire, chez Signatory, en grande partie en fonction de la qualité et c'est très bien il me semble. D'autres semblent évaluer en priorité le potentiel commercial (distillerie, âge) du malt.
Par exemple, Signatory a embouteillé des Brora dans toutes ses gammes. D'autres les réserveront à leurs gammes les plus onéreuses.

Publié : 26 janv. 2006, 16:28
par Stephane
mais il me semble que leurs étiquettes sont assez claires en ce qui concerne les procédés de mise en bouteille
Heu, ben non justement !... en tout cas pas en ce qui me concerne, je trouve pas mal d'étiquettes ambigues quant à tous les procédés clairement mis en oeuvre derrière et aux réelles différences d'une gamme à l'autre.
Est-ce que "directement tiré du fût", "mis en bouteille à la main", signifient la même chose ?
cela veut-il notamment toujours dire qu'il n'y a pas de réduction avant la mise en bouteille ?
que le point est mis sur un choix judicieux de fût après tasting de plusieurs lots ?
un bdf de quelconque "appellation" qui ne mentionne pas unchillfiltered, est-il toujours alors filtré à froid ?

Depuis plusieurs années, on parle de plus en plus de l'importance du non filtrage à froid, il existe un logo dédié, et tout le toutim... mais comment se fait-il que personne ne parle jamais de la dilution ???
ça semble pourtant être un facteur très important pour les arômes et saveurs finales...
si on ne sepose pas la question de savoir si un 10 ans d'âge à 40/46° a été réduit ou pas, a priori rien ne nous indique si tel ou tel bdf a été réduit avant la mise en bouteille, et à combien il a été réduit juste après distillation et avant sa mise en fût ?...
Ne serait-il pas important de faire un peu plus de lumière sur ce point ?
Ainsi que sur d'autres d'ailleurs, comme le lieu du chai de vieillissement, la variété d'orge utilisée...

c'est quand même extraordinaire, c'est comme si on vendait des vins sans indiquer la provenance exacte de leurs cépages!
bon je sais que sur le plan du résultat final, le type d'orge employée semble n'avoir que peu d'impact, mais bon qd même...

Je trouve qu'il manque encore pas mal d'informations très utiles au consommateur final sur les embouteillages de single malts, et même si garder certains mystères donne du charme et de l'intrigue, j'aimerais bien personnellement voir apparaître ce genre d'informations.

Stéphane

Publié : 26 janv. 2006, 16:59
par Soup
Ben, pour le vin, le cépage est loin d'être toujours indiqué non? Les associations terroir/cépage sont assez usuelles pour qu'on puisse s'en passer ceci dit.

Et honnêtement, j'ai peur qu'un nom d'orge sur l'étiquette ce soit pas super poétique, et que ça n'en rebute plus que ça en intéresse :lol:

Publié : 26 janv. 2006, 17:00
par jmputz
Je rejoins Serge dans l'idée qu'un processus d'anorakisation grave est occupé à se dérouler ici...
Ceci dit, Stéphane je pense que de ton point de vue (qui est celui de bon nombre d'entre nous ici), tu as tout à fait raison.
Mais du point de vue du consommateur moyennement avisé qui avale tout de même 90% de la production de single malt, je me demande si une plus grande clarification au niveau de étiquettes ne le ferait pas plutôt fuir...
Et tant que les producteurs ne penseront pas à nous en priorité, j'ai bien peur que cela va rester comme ça.
Nous de toutes façons, on pourrait se contenter de quelques échantillons... avec une rapide explication sur feuille séparée. :roll

Publié : 26 janv. 2006, 17:11
par amor57
Pour moi, la question de savoir si la bouteille a subi une réduction, s'il a été filtré à froid , etc... est un aspect que je fais passer après la dégustation du contenu. Naïvement je me dis que si je dois être influencé par l'étiquette, alors ça devient un produit technique.

Et après la dégustation ? va-t-on me rétorquer. L'étiquette pourra apporter des explications sur le pourquoi d'un arôme, d'un goût, d'une longueur ... Mais je ne suis pas assez compétent pour faire le lien entre ces données techniques et ce qui se passe dans mon verre ou après.

Alors, je bois sans me poser de questions :lol: et je laisse l'interprétation des étiquettes à ceux qui savent les lire :oops: .

Alain

Publié : 26 janv. 2006, 17:15
par Stephane
Mais du point de vue du consommateur moyennement avisé qui avale tout de même 90% de la production de single malt,
Oui mais JM ne me dis pas que ces consommateurs mal avisés achètent beaucoup de single malts 20 ans d'âge et+ à plus de 60 euros la bouteille...
Que des single malts d'entrée de gamme (Glen Grant sans âge, Aberlour 10 ans, Bowmore Legend,etc...) n'aient pas une étiquette longue de 10 mètres je veux bien, mais quand il s'agit de whiskies plus haut de gamme et chers, moi j'aimerais bien que l'étiquette soit le plus "verbose" et la moins ambigue possible.

Publié : 26 janv. 2006, 17:19
par laphroaig c moi
Stephane a écrit :Oui mais JM ne me dis pas que ces consommateurs mal avisés achètent beaucoup de single malts 20 ans d'âge et+ à plus de 60 euros la bouteille...
Héhéhé... On voit que t'as pas vu les dames du 16ème acheter du whisky l'après-midi à LMDW pour leurs maris. Je pense qu'elles claquent parfois bien plus que pas mal d'entre nous pour une bouteille et que les maris en question ne s'y connaissent pas forcément énorme - je voudrais un Glenfiddich 30 ans s'il vous plaît :lol: .