Mon tour à présent :
Perso j'ai goûté An Cnoc 12yo, j'ai goûté Glenlivet 12yo. Lire le compte-rendu d'un face to face entre les deux ne me fait pas plus rêver que ça. En ce sens, les réflexions de bottler et du gorille sont de celles que j'aurais pu me faire. Mais que je n'aurais jamais exprimées sur le forum : Pourquoi prendre le risque de blesser quelqu'un au seul motif qu'il suit une trajectoire que nous sommes plus d'un à avoir suivi avant lui ?
Bottler et Gorille prônent une espèce "d'auto-censure éclairée", que l'on pourrait résumer par : "Avant d'écrire, attendez d'avoir affaires à des malts qui méritent que vous écriviez sur eux". Mais la frontière entre le "ça mérite" et le "ça ne mérite pas" est effroyablement multi-critères, ce qui rend l'auto-censure complexe : Peuvent intervenir le prix de la bouteille, sa rareté, son historique, sa propension à faire rêver, sa représentativité (ou au contraire son originalité), là où nous en sommes rendus dans notre découverte du monde du whisky, le contexte de la dégustation (justement, en head to head, ressortir un malt "standard" peut avoir un sens)... Et je ne parle pas des goûts.
Lagavulin 16yo est sans doute l'un des whisky qui m'a amené à me dire "je suis susceptible d'aimer le whisky". Lorsque j'étais étudiant fauché, puis bidasse, puis jeune ingénieur plus soucieux de s'offrir un sommier, de payer son loyer, et de thésauriser pour s'offrir un jour son chez-lui, un Laga à 280F ou 320F prix caviste (ce n'était pas dispo en grande surface, en ce temps là), ça me faisait rêver. Aujourd'hui, ça ne me viendrait même pas à l'idée d'écrire trois lignes dessus (c'est pourtant ce que je suis en train de faire, vous me direz), non pas qu'il est devenu mauvais, mais parce-que j'aurais l'impression de n'intéresser personne, et parce qu'intellectuellement, je trouve plus stimulant et réjouissant de mettre des mots sur ce drôle de Bowmore Dun Eideann des années 80 au goût de Kas citron mâtiné d'une touche de lubrifiant industriel, que sur un malt (malheureusement ?) devenu trop facilement disponible. Mais chacun doit suivre sa route, et c'est bien comme ça. Et puis on ne va tout de même pas adapter au forum le système des divisions du championnat de football !
Et puis franchement, on ne peut pas dire que Bastien en ait écrit des pages, ni qu'il en fasse une description savante, de son duo : 3 ou 4 mots pour définir le nez, la bouche, et l'impression générale, je suis désolé, c'est quand même du vite torché. Pas du prise de tête à lire avec dictionnaire embarqué (et le premier qui dit "pas comme toi, JM", je lui répondrais "ouais, bon d'accord, pas faux, OK, ça va, hein !").
bpoujol a écrit :Dans ce cas je regrette de vous avoir gêné avec mes notes de dégustations sur les Jean Boyer - Gifted Still ... Peut-être Bottler pourrais-tu en doubler le prix ?
Ha ha ha !
Celle-là, je m'étais résolu à ne pas la faire : Je me disais qu'après l'épisode Eilan Gillan, ça sentirait trop le réchauffé.
Soyons juste : lorsque nous gouttons son dernier Miltonduff en date, ce n'est pas qu'un Miltonduff que nous gouttons. C'est un Miltonduff de Jean Marie. Forcément, y'a un peu d'affectif derrière, un peu comme quand un copain vous demande votre avis sur un manuscrit qu'il prétend publier ("Non mais sérieux, dis-moi ce que t'en penses ! Moi je le trouve pas mal, mais ton avis compte pour moi..."). A ceci près que Jean Marie propose de bons whiskies, alors que je n'ai pas encore eu l'occasion de lire de bons manuscrits dans mon entourage (mis à part les mémoires de guerre de ma mère, mais ceci est une autre histoire...). Et puis avec le temps, j'hésite moins à donner un avis sincère lorsque j'aime (ce Miltonduff, justement) ou que j'aime moins (pas trop fan du Glenburgie 99/08).
bottler a écrit :Ecoute, merci de prendre les choses aussi gentiment.
Et Dieu sait combien il est difficile parfois pour nous autres de nous astreindre à ne pas réagir de façon épidermique sur un forum... hum hum...
bpoujol a écrit :Je ne pense pas que Bottler et SK faisaient allusion au prix mais au whiskies (ancnoc/glenlivet) qui il est vrai sont réputé assez inexpressifs
Eh bien moi, je ne suis pas d'accord avec cette réputation d'inexpressivité que traîne The Glenlivet. Je trouve qu'au vu des volumes produits, c'est un whisky étonnamment cohérent d'un embouteilleur à l'autre, toujours joliment fruité, souvent élégamment floral et raffinés. Tout le monde sait ici que j'ai un faible pour le Nadurra, mais les deux Glenlivets proposés il y'a deux ans au blind forum (un G&MP étiquette verte et un 15yo étiquette au lion) étaient tout à fait excellents. Je fonde de grands espoirs sur un 21yo (toujours étiquette au lion), et sur un dumpy pour le marché Allemand en CS. Et puis nous avons goûté un W&M extrêmement gourmand récemment...
bpoujol a écrit :Concernant Smokey-Kong, je me demande d'où sors le nom de Gentleman du Whisky
Pour ce qui est du nom, je pense que c'est du second degré

.
Celà dit, Smokey-Kong EST un gentleman, cultivé, poli, doté d'un sens aigu des règles du savoir-vivre et du bon vivre.
C'est à se demander comment il a pu se retrouver à côtoyer les autres zoizeaux
