Hier soir, j'ai improvisé un nouveau type de set, la dégustation "étagère"

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- Cragganmore Bladnoch Bottling 14 yo 46% 35cl, 21/04/93-02/07/07, Hogshead 1958: Mouais, un peu bof. C'est très buvable mais sans plus. Herbacé et boisé sans excès, un poil fruité, un poil floral, p'têt quelques soupçons de réglisse et de miel par-ci par-là et ça casse pas 3 pattes à un canard. Un profil un peu basique et standard qui a pour plus grand mérite de ne rien avoir de déplaisant.
Décidément, Cragganmore n'a de cesse de me décevoir. Je me rappelle à quel point je me régalais à mes tous débuts avec l'OB 12yo 40% en bouteille de 20cl des coffrets Classic Malts, surtout ce que j’appelais le "double effet kiss-kool", son côté bi-faces en bouche que je n'ai jamais retrouvé depuis ... y compris dans cette version GMS. Sans doute étais-je tombé à l'époque sur un batch particulier.
- Glen Scotia James McAllister's 1991 40%: Progression étonnante depuis l'ouverture de la bouteille, il en vient maintenant à titiller les fruits exotiques, ce qui associé au profil Glen Scotia donne une association assez inédite et très intéressante. Vraiment sympa, original, easy drinkable.
- North British WhiskyOwner.com "The North Cask Selection" 11yo 64.9%, 1997-2008, hogshead 18278, 275 bottles: Un peu fermé tant au nez qu'en bouche, on n'y sent pourtant pas l'alcool malgré le haut degré ... jusqu'à la déglutition ou on ressent bien l'ablation des amygdales, de la glotte, et des cordes vocales. Bon, j'exagère bien sur, on est loin d'un Glenfarclas 105, quand même et d’ailleurs, ce feu se calme très vite et on aucune sensation de brûlure dans l'oesophage.
3 gouttes d'eau et tout le grain se révèle d'un seul coup comme par magie. Ça reste toutefois assez doux et éloigné du côté parfois écoeurant et poisseux que peuvent offrir les single grains. Equilibré, homogène, harmonieux, et un peu original avec quelques notes épicées et herbacées.
3 gouttes d'eau de plus et il devient alcooleux en bouche et du boisé apparaît.
Encore 3 gouttes d'eau, le côté alcooleux s'atténue un peu sans disparaître et le boisé se renforce encore (logique d'ailleurs).
Bref, lui faut de l'eau, mais gare à l'excès.
- Highland Park W&M "Barrel Selection" 1992-2002 46%, Sherry Wood: Me suis limite pris une baffe dans le museau. Un profil absolument incroyable et inusité pour un HP. C'est tout d'abord énorme sur le caoutchouc puis avec le temps, ça évolue sur des notes plus animales de cuir, de cour de ferme, presque d'étable. Bouche et finale, même combat. Taux de dilution presque parfaite, en bouche, on est juste avant le frontière de la sur-dilution. Il est déjà excellent,il aurait peut-être été top à 48, voir 50%, mais sans doute trop dur au delà. Pas sur du tout que les presque 10 ans en bouteille lui ait apporté un quelconque OBE. Un bémol peut-être, c'est que le Sherry Cask a été tellement actif qu'on a du mal a percevoir autre chose, et en particulier une quelconque trace de typicité HP (miel, bruyère, ...). 'fin si, y'a la fumée quand même. Pour Martini & Rossi apparemment, généralement de bonnes sélections.
- House Malt W&M "Barrel Selection" Born On Islay 06/99-08/07 43%, romm sample cask n°4082-4090: Un profil assez typique d'Islay, un plutôt doux peaty-sherry, avec des notes qui vont tirer un peu sur la violette et les herbes de Provence mais sans vraiment en être. Ça fait indubitablement penser à Bowmore, mais un Bowmore qui serait un peu le cul entre deux chaises, entre la mauvaise période des 80's et la bonne période post 95. Il en résulte un mal très agréable et easy drinkable. Y'a un peu ce côté caoutchoux/fermier, mais sans commune mesure avec la vague du HP précédent. On commence toute fois à discerner une sorte d'air de famille au sein de cette "Barrel Selection". Pour LMDW, pas étonnant que ça ne soit pas mauvais.
Etonné par les points communs de ces deux derniers whiskys, je décide de sortir de cette étagère et d'enchaîner sur un troisième whisky de cette série acquis il y a quelques mois:
- Clynelish W&M "Barrel Selection" 1995-2010 46%, Sherry finish: Allez hop, t'as pas compris avec la baffe du HP ? Ben tiens, en v'là une deuxième identique. Et c'est bien ça qui est troublant, c'est le parfait jumeaux du HP. 'fin du moins au début, les mêmes notes assez puissantes de caoutchouc/fermier. Toutefois, avec le temps, des notes minérales et waxy viennent compléter le tout avec quasiment la même puissance, ainsi que de jolies notes fruitées, plutôt fruits jaunes et exotiques. Là encore, la dilution est top, peut-être encore plus "parfaite" que le HP. C'est complexe, puissant mais juste contenu comme il faut, homogène mais pas trop fondu, on distingue bien les différentes composantes.
Pas vraiment meilleur que le HP tant ils sont proches au démarrage, celui-ci à l'avantage d'une typicité plus évidente de la distillerie. Faudrait un vrai FtF plus rigoureux pour les départager.
Cette série "Barrel Selection" de W&M mérite à coup sur qu'on s'y penche de plus près, amha. Ces trois whisky sont vraiment bons, mais en plus ils ne sont pas vendus à un prix correct.
Je suis toutefois perplexe quand à cette appellation "Barrel" qui tend à indiquer l'usage de fûts de bourbons alors que le profil est franchement sherry.
De même, le "sherry finish" du Clynelish a été au moins aussi actif que le "Sherry Wood" du HP. Faut-il y voir un rappel à l'ordre sur une appellation abusive de "sherry wood" qlors qu'il ne s'agit "que" d'un finishing ?
Je sais que les finishing peuvent aller jusqu'à 18 mois, mais quand même, je ne me souviens pas en avoir croisé marquant autant leur whisky. C'est vraiment spectaculaire à quel point ces fûts de sherry ont été hyper actifs.
Par contre, si il s'agit de bien de finishes, sans doute faut-il voir dans la plus grande typicité du Clynelish les 5 ans de vieillissement supplémentaires par rapport au HP.