Samedi soir, je suis revenu sur cette session que j'avais faite il y a quelques mois:
canis lupus a écrit :Vendredi, soirée américaine, avec l'ouverture de quelques une de mes derniers gains à WA.
Pour commencer, 3 Rye:
Rye Rittenhouse Straight Rye Whiskey 40% ALC/VOL (80 PROOF)
Rye Old Overholt 4 years old Straight Rye Whiskey Distilled in Pennsylvania 2 GRADI 43°, CL. 75
Rye (ri)1 Kentucky Straight Rye Whiskey 46% ALC./VOL., 750 ML
Dans l'ordre de dégustation, et dans l'ordre qualitatif, c'est assez bizarre, le Rye. C'est un peu au bourbon ce que les Lowland sont aux Speyside. Ca a tendance à aller dans les mêmes notes, mais en beaucoup plus retenu. Les notes céréalières en particulier sont du même genre. Mais par contre, pas de miel, de vanille, de solvant, bref, pas d'exubérance organoleptique telle que dans les bourbons. En contre partie, on y récupère une note épicée douce, ainsi que des herbes de Provence. Et à chaque fois, j'ai eu en bouche une désagréable note piquante, genre poivre ou gingembre, qui écrase un peu tout. Un peu comme on en trouve dans certains vieux blend mal vieillis en bouteilles.
J'ai été également très surpris de la similitude avec mon Seagram V.O. Canadian Whiskey. On a vraiment les même notes de Baileys sur-dilués.
Puis un bourbon:
Run for the Roses 16 years old Fine Kentucky Bourbon Whiskey 50.5% ALC./VOL. 101 PROOF, 75 cl
Je suis franchement resté sur ma faim avec celui-là. Vu son âge et son degré d'alcool, je m'attendais à un bourbons certes plus fin et équilibré que ceux que j'ai déjà, mais malgré tout, j'espérais y trouver un vrai bourbon. Et là, on est loin du compte. Là encore, c'est beaucoup trop doux, limite aseptisé. Et l'ajout d'eau n'y change rien
Rye Old Overholt 4 years old Straight Rye Whiskey Distilled in Pennsylvania 2 GRADI 43°, CL. 75: Première grosse baffe, le nez est instantanément puissant et expressif. Au début, ça démarre comme un beau bourbon. Mais très vite apparaissent des notes boisées et épicées qui corsent le tout. En bouche, c'est pareil, très fruité, fruits rouges surtout, mais avec pas mal d'épices et un boisé piquant tirant sur le gingembre. En fait, au fur et à mesure de la dégustation, on s'éloigne de plus en plus des bourbons. Enfin, surprise à la déglutition, une énorme bouffée boisée inattendue. C'est vraiment très agréablement surprenant.
Rye Rittenhouse Straight Rye Whiskey 40% ALC/VOL (80 PROOF): On est complètement dans les même notes que le précédent. Il faut dire qu'il sont à des degrés proches d'alcool et qu'il doivent avoir passé à peu près autant de temps en fut. Sauf que celui-ci à quelque chose en moins. Ou plutôt non, je pense que c'est le précédent qui a quelque chose en plus: l'OBE. Moins boisé que le précédent tout de même. Peut-être plus facile d'approche, moins "viril".
Rye (ri)1 Kentucky Straight Rye Whiskey 46% ALC./VOL., 750 ML: Au départ, et parés les deux autres, celui-ci semble moins expressif et moins puissant. En fait, c'est qu'il n'a quasiment pas de boisé, et moins d'épices. Ou plutôt des épices plus douces. Puis d'un seul coup, ça arrive: de l'alcool de framboise, énorme. En bouche c'est pareil. En fait, il est beaucoup plus harmonieux et peut-être complexe que les deux précédents.
Run for the Roses 16 years old Fine Kentucky Bourbon Whiskey 50.5% ALC./VOL. 101 PROOF, 75 cl: Et là aussi, c'est une grosse surprise. Lui aussi s'est magistralement ouvert et apporte bien ce qu'on est en droit d'attendre d'un vieux bourbon. C'est vraiment bon, plus posé, plus harmonieux et complexe que les bourbons plus jeunes que j'avais jusque là.
Depuis que je m'intéresse aux whiskys, j'ai bien du déguster une quinzaine de bourbons et quatre ou cinq Rye. Et j'ai trouvé plus de diversité au sein des ces quelques Ryes que dans tous les bourbons goutés. Franchement, si je devais choisir entre bourbons, ryes et single grain, je serais bien embêté, tant j'apprécie autant ces 3 formes de whiskeys pour les arômes et saveurs qu'aucun single malt, vatted ou blend ne saurait approcher même de loin.
Ce midi, je suis également revenu sur mes Wemyss:
Dried Fruit Basket 46% Cask n°8.01, 1993, speyside singke cask: "Panier de fruit sec" ? Mouais, on doit bien y trouver un peu de figues et dattes, mais franchement rien de folichon. Et puis il y a cette désagréable note soufrée tout le temps présente.
Honeycomb 1994-08/2008 46% Highland Single Cask: "Nid D'abeille" ? On attend du miel, de la gelée royale, de la cire ...Ben la encore, c'est assez usurpé. Et encore du soufre qui massacre tout.
Bonfires On The Beach 1997-08/2008 46% Islay Single Cask: Celui-là porte beaucoup mieux son nom. Effectivement, fumée et tourbe sont au rendez-vous ... Hé mais, ça me rappelle quelque chose. Mais oui, les Bunahabhain tourbés sortis par Jean-Boyer ces dernières années ... en moins bien quand même. Et toujours ce satané soufre.
Dans mes souvenirs, c'était pas exceptionnel quand j'avais ouvert ces bouteilles, il y a pas mal de temps, et ça n'a pas vraiment évolué dans le bon sens.
Et enfin, ce soir, retour sur:
Clynelish Dun Eidann "The antique Collection" 15yo 1984 43%, bottle 1988/4000: A la fois fruité et minéral, un peu cireux également, un Clynelish digne de ce nom, amha. C'est vraiment bien fait, et un profil qu'on ne rencontre pas souvent, surtout dans la production actuelle. Peut-être bien plus complexe qu'il n'apparait, faudrait que je me penche d'avantage sérieusement dessus pour le disséquer.