Smokey-Kong a écrit :Muzo a écrit :Je peux? Je peux?
J'avais déjà ronchonné, je crois, plus tôt dans l'année. Aujourd'hui encore, personne ne me sonne, mais je donne mon avis. C'est bien évidemment JBrice qui a raison sur le fond dans cette affaire
Non, il a absolument tort. La mode ringarde qui consiste à dire que "le goût, c'est chacun le sien" est une absurdité méprisante envers la connaissance, le savoir-faire etc. Ainsi les restaurants *** valent les bistros ?
Je connais certainement des bars à vins qui valent des un ou deux étoiles, et je dis ça sans ciller.
Mais ce n'est pas mon propos. D'une part il n'y avait pas de mépris dans les propos de JBrice. Dans les miens? Je ne crois pas, mais je ferais plus attention, peut être.
Le problème de fond reste le même. On peut crier autant que l'on veut sur la subjectivité, il n'y a pas moyen d'en sortir. Et la connaissance en matière de whisky, si elle est une chose précieuse ne peut pas être garante d'objectivité. Pour l'exemple, je choisirai la méthode de Serge pour déguster les whiskys (toujours le même endroit, même heure du jour, calibration sur des whiskys standards). C'est extrêmement rigoureux et je suis certain que cela lui permet de se construire une hiérarchie qui, s'il prend le temps de la comtempler, lui paraîta satisfaisante. En outre, pour son lecteur, cette cohérence est très agráble je trouve.
Nonobstant, même ce type de démarche (que certains scientifiques feraient bien de suivre avec autant de scrupules), ne permet pas de franchir le pas jusqu'à l'objectivité. Tout simplement parce qu'elle porte sur un objet qui n'existe pas, à savoir la qualité absolue du whisky. Dire que l'on se trompe en préférant le WK au JB (et je ne les ai pas goûté, donc je n'ai même pas d'avis sur la question en particulier), c'est strictement comme dire que quelqu'un se trompe de ne pas aimer le whisky. Et je ne plaisante pas, car le whisky et sa dégustation ne sont pas de problèmes scientifiques, mais des problèmes empathiques. Et il n'y a pas, que je sache de mesure rationnelle de celle-ci. Tout système ne peut être que de la poudre aux yeux. Et ce sont ce type de systèmes qui, invariablement, sous-tendent toute prétention à l'objectivité.
Bien entendu, certains producteurs sont talentueux. Certains auront cette empathie nécessaire pour trouver qui le bon orge, qui le bon malte, qui le bon fût, qui le bon timing. Et autour des whiskys que ceux-là embouteilleront, les amateurs se réuniront en majorité. Mais les contours sont condamnés a être flous. Car parmi ces alcools, il n'existe pas de hiérarchie intrinsèque, objective. Ils sont juste globalement bons, ou très bons. Chacun s'accorde à le dire, mais au milieu de cela doivent forcément s'exprimer les subjectivités. C'est pourquoi je trouve normal que, établissant sa propre hiérarchie JBrice soit amené à préférer le WB au JB, et c'est pourquoi je suis étonné qu'on le lui reproche. Attention, qu'on le lui reproche sur le mode de l'objectivité scientiste. Que quelqu'un lui laisse son gant, j'arbitrerai le duel.
Mais enfin, n'avez-vous jamais participé à des dégustations, de quelque alcool au demeurant, où, à la fin, les avis se recentrent sur une poignée de bouteilles au sein de laquelle les préférences sont autant de permutations?
Conluant, j'entends dire que la mode est à vanter la subjectivité vis-à-vis du goût et à se moquer des experts et de leur expertise. Je répondrais par cette question rhétorique. Acceptons que l'action de noter consiste à réduire sa subjectivité en une mesure objective, car quantifiable; qui alors peut me dire quel magazine, site spécialisé, guide, voir même forum, ne propose pas, aujourd'hui, une notation?