Normaly, ça aurait du être un soirée de folie pour fêter dignement les 25 yo des Caves de Bécon, mais les facéties postières en ont décidé autrement. Mais pas question de laisser passer cette date sans une goutte de whisky.
Et puis, j'avais envie de me lancer enfin dans l'exploration de la forêt de samples.
Mais voilà, j'ai déjà du mal à choisir mon dram quand je cherche dans mes bouteilles, mais dans mes samples, c'est encore pire. Non seulement y'en a aussi beaucoup, mais ce sont fatalement de (très) bonnes choses, généralement agées et plus trouvables, donc fatalement rarissimes, réduit au seul volume du sample. Encore moins envie de se louper, de passer à côte. La méforme organoleptique est interdite. Du coup, impossible de choisir, de sélectionner ... jusqu'à ce que je me rappelle que j'ai trois samples "mystères" de Baptiste et de Régis qui me tendent le goulot et défient mes capacités d'analyse, les effrontés.
Un rapide nosing au goulot des samples pour essayer de déterminer un ordre de passage et on y go:
Sample n°2 de Baptiste :
Au départ, le nez est très aqueux. Rappelle beaucoup l’eau vive très oxygénée, dans les remous. Des notes de margarines également. Il faut lui laisser du temps et, tout en restant délicat, il développe des notes de fraises, de pétales de rose, un peu pâtissier. Des émanations de tourbe fugaces. En bouche, c’est très léger, subtil, mais un peu plus expressif que le nez. En fin de bouche, à la déglutition … ah ouais, c’est un cask strength et pas un petit. Ca doit cuber pas loin de 60% ce truc.
Ok, ajoutons lui un peu d’eau pour voir si il s’ouvre.
Ah ben non, raté, il se referme même comme une huître.
Jolie finale sur la cendre et un peu de fumée.
Laphroaig, voir Bowmore ?
Sample n°1 de Baptiste :
Tourbe à tous les étages, là. Une tourbe très sèche, une impression de poussière de grenier. Avec le temps viennent des notes plus sucrées et mentholées. L’eau fait ressortir des notes animales. Finale qui pariait courte, puis qui revient petit à petit, sur une tourbe beaucoup plus humide.
Ardbeg ? Me rappelle aussi un peu mon Kilchoman New Spirit.
Sample de Régis :
Ben décidément, c’est ‘’voyage au pays de la tourbe’’ ce soir. La tourbe est plus grasse, et surtout accompagnée d’une très intense et magnifique note agrumique, sur le citron jaune. Agasse un peu le nez, comme sentir du poivre, ou de l’acide. On devine aussi un peu de menthe glaciale. Un peu pâtissier, façon biscuit sec, p’tit Lu. Mince, ce nez est vraiment bon et typique . La bouche est nettement salée et étonnamment très fraîche, limite Rickless, la tourbe passe en arrière plan pour sous-tendre le tout. Chaleureuse aussi, mais pas du tout agressive ou brûlante, encore un cask strength, amha.
La finale est limite explosive, sur la tourbe, bien sur, mais aussi sur la cendre, la fumée.
Supporte très bien l’eau, beaucoup d’eau même.
Beaucoup de puissance et envahissant. Pas sur que beaucoup d’autres whiskys puissent passer derrière et s’en tirer indemnes.
Du diable si ce n’est pas un Laphroaig.
Régis, faut mettre ce truc en vente ! Sur que dede en prendrait au moins une caisse.
Super intéressant comme exercice, comme toujours avec les blinds, et trois whiskys intrigants, et à leurs manières respectives, séduisants.
Merci à Bastien et Régis, mais maintenant, va falloir nous dire ce que c'est.
