Re: 16%, allez voter !
Publié : 07 déc. 2015, 16:35
Ah oui effectivement, j'avais pas saisi à quoi tu faisais référence 
Information sur les distilleries d'Ecosse et leur whisky
https://www.whisky-distilleries.info/Forum/
https://www.whisky-distilleries.info/Forum/viewtopic.php?t=12920
Faut pas non plus couper les cheveux en 4 : être poli, c'est juste être poli. On doit savoir, lorsqu'on écrit un texte, si les mots utilisés peuvent toucher ou pas quelqu'un.chinasky a écrit :En même temps, on peut rester poli, mais ça implique également la condescendance qui est également une forme d'insulte euphémisée. Je ne défend pas l'abstentionnisme d'un point de vue normatif, mais cette pratique est inégalement distribuée dans la population et les premières catégories à s’abstenir sont les classes populaires, ouvrières, les immigrés ayant acquis la nationalité, ou les français ayant des parents/grands-parents immigrés. Et le fait de ne pas aller peut avoir des significations bien différentes de celles que vous projetées sur cette pratique.
Entre le PS, les X listes écolo, l'ancien PC, Lutte Ouvrière, le Front de Gauche... cela fait un paquet de choix quand même. A la rigueur, je trouve que c'est plus difficile de trouver son vote à droite tellement le RPR / UMP / Les Républicains ont phagocité les autres prétendants.chinasky a écrit :Sinon, je me laisse aller à une parenthèse plus personnelle. Étant de gauche, le fait de ne pas avoir de parti pour me représenter me déprime profondément et aller voter réclame un petit effort.
+1 et ce n'est pas prêt de s'arranger. C'est de pire en pire.Forrest a écrit :je pense que la très grande majorité des gens vote en fonction de leurs intérêts personnels et de ce que peut leur apporter les personnes pour lesquelles ils ont été votées. Rien à faire de savoir si le pays va dans le gouffre ou pas
Désolé, je n'ai peut-être pas été très clair sur le premier message. En plus, j'ai tendance à avoir une vision assez marquée par ma formation et mon travail. J'ai tendance à oublier que la perspective qui en découle est loin d'être évidente. Surtout que je passe mon temps soit à écrire/lire, soit à traiter des données quali ou stats. Du coup, le soir j'ai un peu la flemme de développer ou de me relire 4 fois...dagde a écrit :Ah oui effectivement, j'avais pas saisi à quoi tu faisais référence
Merci Chinasky pour ton (tes) avis constructif mais on est tous dans le même cas : pas simple de relire tout le temps (même si j'essaie au maximum).chinasky a écrit :Désolé, je n'ai peut-être pas été très clair sur le premier message. En plus, j'ai tendance à avoir une vision assez marquée par ma formation et mon travail. J'ai tendance à oublier que la perspective qui en découle est loin d'être évidente. Surtout que je passe mon temps soit à écrire/lire, soit à traiter des données quali ou stats. Du coup, le soir j'ai un peu la flemme de développer ou de me relire 4 fois...
Certes, notre notion de la politesse n'est pas la même que dans une tribu d'Amazonie ou du côté de la Birmanie mais je pense que peu de personnes de ces contrées fréquentent notre forum. Donc, quand nous disons que nous pouvons parler politique et rester poli entre nous, nous sommes entre personnes qui ont suivi plus ou moins le même type de cursus écolier (je ne parle pas des études tertiaires) et nous vivons quasiment tous dans des pays occidentaux qui possèdent à peu près les mêmes codes. Donc notre notion de politesse devrait être assez proche à mon avis.chinasky a écrit :Je vais quand même répondre sur quelques points. Non, être poli n'est pas qu'être poli. Au minimum, cela renvoie à des pratiques socialement situées et qui ne sont donc pas partagées par tous et qui ne sont pas partout les mêmes.
Certes encore mais je ne suis pas sûr que le nombre de personnes concernées soit si important pour être dénombré. La population âgée d'au moins 18 ans et qui peuvent voter est de 45 millions à la louche, la population des militants associatifs vivants dans une ferme communautaire doit être certainement inférieure à 100 000 individus (aucune idée en fait). Ce qui nous intéressent donc c'est donc les 22,4 millions d'autres personnes qui n'ont pas été votées. Pourquoi chercher à étudier en quelle matière est faite l'aiguille plutôt que d'analyser la botte de foin...chinasky a écrit :Sur la notion de l'abstentionnisme. Deux approches sont possibles en dehors des approches normatives (''c'est mal l'abstentionnisme. Ce n’est pas beau ''). Une limitative qui serait de définir le fait de ne pas aller voter alors qu'on en a formellement le droit. C'est approche est statistiquement pertinente pour dénombrer et quantifier le phénomène et son intensité et éventuellement le comparer dans le temps. La seconde approche serait plutôt basée sur une explication et une compréhension du rapport au politique des non-votants. Il y est plus qu'évident que ne pas voter pour un militant associatif vivant dans une ferme communautaire n'a pas la même signification que pour un ouvrier chômeur ou un syndicaliste militant. C'est de ça dont je parlais.
Mon exemple sur le fait de ne pas voter pour uniquement regarder une série était un exemple de notre incivisme comme il pourrait y en avoir des centaines d'autres : ceux qui auraient pu matériellement aller voter ont "décidé" de ne pas le faire. Comme je disais, ils pouvaient voter blanc ou voter pour une liste dont les idées "se rapprochent" des leurs. Il y a 10 à 12h pour aller voter dans une journée, mis à part à être parti en week-end (et encore, on peut réaliser une procuration) ou être dans un lit d'hôpital, on doit pouvoir trouver un moment pour le faire.chinasky a écrit :Enfin, sur la dimension normative, je dirais qu'il y a tout de même un monde (voir plusieurs) entre appeler les électeurs à voter (ce qui m'est arrivé de faire) et les discours habituels de déploration de l'apathie politique accompagnés d'une réduction des non-votants à des spectateurs de séries. De plus, je signalerais que certaines séries sont hautement recommandables politiquement... ^^
Je ne parlais que de français puisque le droit de vote n'existe pas pour les étrangers en France. Peu importe que vous soyez la 2ème, 3ème ou 4ème génération née en France de parents ou grand-parents tunisiens (on poursuit sur cet exemple) : lorsque vous avez suivi les événements du printemps arabe et ce qu'il s'y passe encore, notre offre politique et notre modèle démocratique sont une chance pour ces personnes. Je ne dis pas qu'ils sont parfaits (question éternelle sur la proportionnelle, cumul des mandats, etc...) mais peu de pays dans le monde offre ces possibilités. Les renier ou les dénigrer en n'allant pas voter est vraiment dommage. Que l'immigration ait été pour des raisons économiques ou politiques, c'est quand même sympathique d'être dans un pays qui, une fois que vous êtes français, vous donne un accès totalement EQUIVALENT à un natif. Ensuite, si on regarde nos vagues passées d'immigration (italiennes, espagnoles, portugaises, magrébines, africaines, asiatiques), on peut s'amuser à comparer notre modèle et tous les autres : au final, quelle que soit la raison de l'immigration, le pays dans lequel l'immigré est arrivé possédait des pratiques démocratiques et électorales largement supérieures à celui qu'il a quitté.chinasky a écrit :Sur la manière dont vous parlez des immigrés et des descendants d'immigrés, votre vision est contestable d'une part, une grande partie des immigrés l'ont été à travers une immigration économique qui n'a rien à voir avec l’accueil bien intentionné qui pourrait conduire à penser que les immigrés et leurs descendants devraient être particulièrement heureux de l'offre politique française (ce qui serait également hautement contestable). De plus, il faut ne pas oublier que les enfants d'immigrés sont nés en France et sont pour la plupart français...
Non, je parlais des quotidiens également comme j'aurais pu parler aussi des meetings, des réunions de quartier mais il ne faut pas se leurrer : la TV reste le véhicule informatif le plus large et le plus suivi. On peut y suivre les débats de l'Assemblée Nationale malgré tout, je ne suis pas sûr que beaucoup de pays diffusent ce type d'émission. Je prenais cet exemple seulement pour dire que chacun (quel que soit son statut social) peut trouver facilement, grâce à ce vecteur de communication, des informations et se forger des convictions afin d'aller mettre un bulletin dans une urne.chinasky a écrit :Sur la pluralité à la télévision, elle est effectivement plus importante qu'aux USA ou en Russie... Après, si vous pensez que la télévision est une source d'information correcte alors la discussion va être effectivement difficile. De plus, la consommation télévisuelle est également une pratique très différente selon les catégories...
Certes toujours, mais pourquoi les statistiques démontrent que les fonctionnaires et syndicalistes votent à gauche, les retraités à droite... Il y a quand même une base non négligeable à mon avis de vote "intéressé". Bien sûr que des gens pauvres votent à droite et que des cadres supérieurs votent à gauche mais encore une fois, pourquoi parler de l'aiguille plutôt que la botte de foin.chinasky a écrit :Sur la notion d’intérêt, l’intérêt ne doit pas être compris comme un intérêt matériel et/ou laisser penser que les déterminants du vote se réduisent à un calcul rationnel de l'homo œconomicus. L’intérêt doit être pensé au sens large comme ce à quoi on a intérêt, ce qui inclut des intérêts symboliques et psychosociaux et des intérêts désintéressés. La manière dont vous présenter l’intérêt est bien trop limitatif pour être pertinent. On sait depuis longtemps que les électeurs votent contre leurs intérêts matériels. (''Pourquoi les pauvres votent-ils à droite ?''. Je connais mal cette dimension, mais ce livre serait très recommandable). De plus, ça ne tient pas vraiment compte l'offre politique.
Non, le PS n'est pas à gauche : cela date maintenant mais il y a eu les 35h et encore plus loin la 5ème semaine de congés payés, le mariage gay, l'ISF, les allocations familiales indexées aux revenus, la taxation à 75% des hauts revenus (qui a été très difficile à mettre en place et qui est une pure démagogie), j'en passe et des meilleurs... Oui, le PS n'est peut-être pas "très" à gauche mais il l'est quand même. On pourrait passer des heures et des journées entières à détailler leurs actes lorsqu'ils sont ou étaient au pouvoir mais cela ne serait pas très utile au débat. Même si le positionnement est relatif (plutôt d'accord), on peut trouver d'autres listes encore plus à gauche qui laissent donc des possibilités de vote aux personnes "très" sensibles socialement parlant. Fut un temps, le PC était l'équivalent du PS en terme de vote : pourquoi leurs électeurs sont partis ??? Le spectre électoral français me semble assez fourni pour trouver pour qui voter. Après, comme évoqué, c'est plutôt la volonté qui manque et que seulement 1 français sur 2 se soit déplacé ce week-end : cela représente quand même 22,5 millions de personnes qui ont décidé de ne pas aller voter. C'est juste monstrueusement énorme comme chiffre. D'où le sujet lancé par Pépé et je l'ai soutenu car on ne le répétera jamais assez : IL FAUT VOTER.chinasky a écrit :Si vous penser que le PS est à gauche, effectivement on a avoir du mal à discuter. Les positionnements en terme de gauche/droite sont des positionnements relatifs. Le champ politique s'est déporté sur la droite depuis quelques années avec une restructuration phénoménale du discours du FN qui a participer à brouiller les cartes... Je ne parle même pas de la multitude d'éditorialistes et de journalistes qui appellent ouvertement à ne pas voter pour les petits partis. De plus, le fait que le PS soit étiqueté à gauche (et s'en revendique - plutôt pour des raisons de conquête électorale et de lutte pour l'accès aux positions de pouvoirs) conduit, il me semble en tout cas, à une apathie des orga de gauche.
Non, la démocratie est le régime politique dans lequel le peuple est souverain. Ce que tu invoques est la liberté (voire l'égalité et la fraternité) : à savoir, choisir de ne pas aller voter. Et tout le débat est là justement : le concept du bulletin blanc n'a pas été inventé pour rien. Il montre que tu veux exercer ton droit en tant que citoyen mais que tu n'as pas trouvé de choix correspondant à tes idées. La différence est donc énorme entre une abstention et un vote blanc. S'il n'y avait pas le vote blanc, effectivement l'abstentionnisme pourrait représenter l'exercice de son droit à ne pas choisir une des personnes qui se présente. Mais, dans le cas actuel, il dénote surtout une non volonté à participer : les élections sont extrêmement bien organisées et je ne pense pas que l'aller-retour entre chez soi et le bureau de vote soit supérieur à 20mn pour n'importe quel habitant en France. Le vote blanc doit être utilisé pour montrer son insatisfaction, du moins c'est ce que je pense.juju cassoulet a écrit :La démocratie c'est vivre ensemble et respecter les différences.
Alors là, je ne vois pas pourquoi. Donc inviter les gens à exercer leur droit est être insultant ? Dans la vie, nous avons surtout des devoirs. Là, nous avons un droit, c'est juste du gachis de ne pas l'utiliser. Je dis juste qu'on a tous des vies chargées, on a tous envie de glander pendant le week-end (ce que je fais volontiers en me faisant une sieste de temps en temps) mais on a cette chance de pouvoir décider qui sera aux commandes du navire dans lequel nous sommes.juju cassoulet a écrit :Désigner l'autre comme étant celui qui a tort c'est se voiler la face. En plus d être insultant.
Cela ne change pas le débat : tu aurais pu voter blanc en 2002 et le faire à nouveau aux régionales en 2015 (et entre les 2 bien sûr). Et, à partir de là, ton avis sur le laxisme "ambiant" aurait plus de poids. Pourquoi divulguer un parti pris alors que tu ne votes pas ? Encore une fois, le débat est clairement à l'ordre du jour : faire que les gens votent pour statuer ensemble des politiques à suivre. Si ceux qui ne votent pas régulièrement allaient mettre un bulletin blanc, le visage politique se modifierai petit à petit. Evidemment, tout ne changera pas en 5 ans.juju cassoulet a écrit :Je n'ai pas voté en 2002 malgré l aveuglement général. Ca n'est pas pour le faire aux régionales.
Ces années de laxisme doivent cesser. On n'a pas eu besoin du FN pour entendre les fusils mitrailleurs dans nos villes.
Perso, rien non plus. Mais je ne vois pas trop où tu veux en venir. Les politiciens et politiciennes sont des personnes comme les autres : ils ont leurs attentes, leurs envies, leurs doutes et parfois leurs convictions. Qu'ils soient choqués car le FN est passé devant eux peut se comprendre car il symbolise partiellement leur échec au pouvoir. Donc ce n'est jamais agréable de se l'entendre dire, pour personne. Après, je m'en fous un peu de leur état d'âme car ils m'importent peu. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir ce qu'ils vont faire ou pas afin de m'aider à prendre ma décision pour dimanche prochain et le 2ème tour. A Paris, nous avons le choix entre les 3 listes principales et c'est plutôt serré.juju cassoulet a écrit :Qu'est ce que tu veux attendre d'un politicien qui chie dans son froc parce qu'il arrive 3eme ? Moi rien.