antoine a écrit :""""""Antoine, de quoi parles-tu quand tu dis que les cavistes que tu as interrogé te disais avoir peur de ne plus être servis par les "gros" ?
Je n'ai pas compris """"""""
Et ben que si le représentant voyait d'autres bouteilles sur les étalages, ils arrêteraient le "partenariat"; c'est ce qui m'a été dis....
et pourles gros, je parle des "fournisseurds sur la france pour les cavistes, , soit lmdw et dugas qui font le marché..
Ce n'est pas qu'ls arrêteraient de fournir, c'est qu'une remise est attribuée à ceux qui font plus de volume.
La différence entre la France et les pays plus au Nord tient en un mot : près de chez vous, sur 70% du territoire, se trouve un vignoble à moins de 50 ou 100 km. C'st à dire que les buveurs ont le fournisseur de vin le plus légitime à une heure de voiture au plus, avec dégustation sur place, puis relance par mailing, etc... C'est autant que marché que les cavistes n'ont pas, alors que ceux des pays du Nord les ont, n'ayant pas de vigneron à portée de mains.
Or le vin est la coeur du métier de caviste, non les alcools.
De plus, nous avons le système de grande distribution le plus puissant du monde, et le plus concentré, qui lui permet de travailler avec des marges minimes, tout en achetant au plus bas vu les quantités.
Le caviste achète inévitablement au moins aussi cher, et ne peut pas vivre avec les marges pratiquées par la Grande Ditribution de France.
En contrepartie, il peut s'il fait bien son métier, sélectionner avec précision, et conseiller avec la même précision, ce que ne peut pas faire la GD, qui est victime de son poids, de sa place disponible, et de sa pompe à fric qui veut toujours tourner plus vite : elle va privilégier les produits connus qui "tournent" vite, donc venant de fournisseurs qui font de la publicité, et les achats massifs et autres accords annuels sur des prestations de service plus ou moins bidons mais qu'elle facture très cher aux sociétés qui sont capables de payer. Les autres sont "out" sauf ponctuellement, malgré les déclarations d'intention que l'on entend régulièrement dans les médias.
La conclusion de cet état de fait est que les cavistes de France représentent moins en part de marché que leurs collègues des pays plus au Nord. Ils font aussi moins d'affaires, et doivent donc marger plus pour vivre.
Cela rejaillit sur un plus grand différentiel de prix avec la GD, qui incite les consommateurs à faire leurs achats en GD, ce qui accentue le phénomène.
Le résultat, c'est qu'il y a peu d'importateurs de whiskies pointus, parce qu'il y a peu de marché pour ces produits. Par conséquent, il y a moins d'embouteilleurs indépendants représentés en France.
L'autre résultat, c'est que les prix sont souvent supérieurs en France par rapport aux pays du Nord pour les produits qui ne sont pas en GD, et inférieurs pour les produits qui sont en GD. Il en sort que, comme les produits pointus ne sont pas en GD, au moins pas de façon régulière, que les produits pointus sont plus chers en France que dans les pays du Nord.
Terminons en disant que nos contemprains sont souvent prêts à perdre un temps considérable, à faire des kilomètres pour acheter au meilleur prix, sans prendre en compte ni leur temps ni ce que leu coûte leur déplacement, alors que quelquefois ils auraient avantage à acheter meilleur et un peu plus cher chez le caviste en bas de chez eux. Ce phénomène n'est pas spécifique à la France, mais c'est en France qu'il est le plus accentué par rapport aux pays situés plus au Nord de l'Europe.
Il faut être un héros passionné pour faire le métier de caviste dans ce contexte, ou pour se positionner en fournisseur des cavistes.
Il fait aider la profession caviste, sans quoi le peu de disparité qui reste sur le marché Français disparaîtra.
Et qu'on ne vienne pas me parler d'Internet. Qui a déjà goûté un produit via le net. Je fais partie de ceux qui pensent que les produits de bouche se vendent par la dégustation. Alors, d'accord, les marques connues, les grands vins s'y vendent s'ils sont proposés pas cher à une clientèle ciblée de connaisseurs ou d'internautes qui ont le temps de rechercher ce qu'on dit de tel ou tel produit sur la toile. Mais les produits nouveaux, les nectars ne s'y vendent pas s'ils ne sont pas connus.
Et la MDW : ils sont connus, mais existent en tant que boutique à Paris dans les beaux quartiers depuis 1965 ou 1956, je ne sais plus. Internet n'est qu'un plus dans leur système commercial. Je devine qu'ils y font beaucoup moins d'affaires qu'avec leur clientèle historique.