Ouverture de mes derniers jouets:
Glenfarclas Le Gus't Sélection XIX 9yo 59.4%, 21/09/09-15/07/19, Sherry Hogshead #1797, bottle 65/320:
Le nez est très difficilement perceptible au départ, mais ça défrise sacrément les narines. L'impression de renifler de l'alcool à bruler. Mais il s'ouvre petit à petit, nous emmenant sur une sorte de pruneaux désucré, L'aération amène de fugaces notes de bon chocolat chaud. Il y a également une sorte d'âcreté très subtile, à la limite de la perception, qui n'est pas sans évoqué le cuir.Du zeste d'orange, d'orange sanguine même. Orangette. Je ne sais pas si ça existe le pamplemousse pomelos confit, mais y'a une note dans ce nez qui me le fait imaginer. Du vinaigre d'agrume, et de vin rouge également. Peut-être du noyau de cerise également. Voire même un soupçon d'Amaretto ? Et en même temps y'a côté chair de fruit cru, à peine mur, entre cerise et tomate. Du (plutôt beau) bois également.
En bouche, l'alcool ne vient pas tout de suite, mais quand il vient il ne fait pas semblant. Ouah, ça ramone l’œsophage. On croirait qu'il est largement au dessus de 60%, il n'est pas sans me rappeler mon vieux 105. Qui d’ailleurs, doit avoir un âge comparable. Cette bouche est tellement alcooleuse qu'il n'y a quasiment pas de finale. Le whisky s'évapore plus qu'on ne l'avale. très astringent également.
L'eau ne lui est d'aucune aide.
Là, j'avoue que je ne comprends pas. Tous les Le Gus't que j'ai pu goûter (c'est à dire presque tous)) brillent pas leur remarquable intégration de l'alcool. Là, on a affaire à un truc qui frôle le brûle gueule. 85/100.
- Secret Orkney Le Gus't Sélection XXIII 18yo 53.1%, 14/09/00-16/07/19, Hogshead #21, bottle 256/356:
Au nez, on a le pif plantée dans le sable d'une plage, l'été. On passe par un peu d'alcool à brûler qui évolue vers un combo vanille miel sans gourmandise, comme "esthérisé". Du sel également, et du céréale. Légèrement métallique, sur le cuivre. Et aqueux aussi. Peut-être des fruits secs aussi, sur la noix de cajou.
En bouche, l'attaque est très aqueuse, on a l'impression d'un whisky matraqué par la dilution, avec des notes similaires à celles du nez.
L'eau a un effet détonnant sur le nez qui se trouve d'un seul coup un côté acidulé sur le bonbon arlequin. Par contre, la bouche est encore plus noyée.
Je suis tout aussi désarçonné qu'avec le premier. Comment un whisky de plus de 53% peut-il laisser la même impression que ces IB des années 90/00 qui étaient massivement et brutalement dilué au point d'avoir le goût de flotte ? 84/100.
- Bas Armagnac Grosperrin "On The Wild Side" 27yo 52.4%, 1993-2020, Lot n°777:
Le nez démarre sur une intense note d'orange sanguine mêlée de pamplemousse rose. Et en même temps, une belle vague de rancio un peu âcre qui frôlerait presque le caoutchouc. De l'eau de rose également. Du café (expresso). Quetsche et pêche de vigne. Liqueur d'amande. Tarte au prunes rouges. Tarte à la rhubarbe. Pâte sablée. Du cacao également ainsi que des notes de torréfaction.
La bouche est dans le prolongement, avec une attaque douce, mais qui s'avère un peu plus sèche, plus austère que ne laissait supposer le nez pour ce terminer sur une note amère.
L'eau n'a pas d’influence. 86/100
- Speyside Le Gus't 32yo 55.3%, 1988-08/01/2021, Sherry Butt #50, 609 bottles (sample):
Le nez démarre sur un mélange de tomate et de concombre et une note de fraise diluée. Du papier journal humide également. Du graphite. On dirait presque du Loch Lommond. Sorbet à la fraise, mais encore une fois, qui aurait été dilué.
La bouche joue sur les même notes, onctueuse au début, puis se termine sur un mélange poivré/gingembre.
Encore une fois, ajouter de l'eau ne sert à rien. 84/100.
- Vallein Tercinier Asta Maurice 53yo 46.8%, Lot 68, Petite Champagne, #AMF002, bottle 64/120:
Le nez émet instantanément de belles notes d'eau de rose concentrée, de la prune, un léger rancio. De la guimauve, du chamallows, presque du malabar. Puis du clafouti aux cerises. De la grenade. Pâtissier également, sur le financier, le pain au lait, la viennoise. Evoque aussi certains vins de grenache rouge. De l"'alcool de fraise aussi. Plutôt de la liqueur de fraise, d'ailleurs. De la pastèque aussi. Et de la groseille. Confiture de rhubarbe. De la poire williams quand elle n'est pas encore bien mure. C'est vraiment incroyable. on pourrait passer des heures sur ce nez. Ce n'est pas tant une évolution, qu'une énorme complexité hyper fondue que le cerveau n’arrête pas d'interpréter de façon différente à chaque minute. Quelle classe folle. et en même temps, quelle originalité. Quelle finesse, quelle élégance. on est à court de superlatif.
La bouche joue sur les même notes, mais avec un côté un peu aqueux.
Mais la finale relève de nouveau le niveau, sans toutefois égaler le nez. Elle amène de plus une note qui flirte avec l'exotisme.
Le nez à lui seul vaut 94. Mais la bouche et la finale le ramène à 90/100.
- Armagnac Chateau de Pomès Pébérère 54yo 42%, 1964-13/08/2018, Ténarèze:
Le nez démarre sur un caramel de fruit opulent. Un côte vin rouge également mais pas tannique. Genre Beaujolais, certains vin de Loire. Du vernis, également, quand on vient de l'étaler. Voire même de la résine polyester pour fibre de verre. Café. Une note sucrée, comme quand on est dans une pièce ou est en train de se fabriquer de la confiture. Datte et figue également. Des notes de fruits rouges en arrière plan.
La bouche joue sur les même notes, mais s'accompagne d'amertume et d'une note métallique. Voire savonneuse.
Le nez lui aurait valu un 90, mais bouche et finale le ramènent à 88/100.
Au final, un dégustation dont j'attendais énormément, mais qui m'a énormément déçu.
Je ne comprends pas ce qui s'est passé. Les pedigrees de ces différentes eaux-de-vies ne peuvent tout simplement pas donner de telles ressentis normalement.
Je pense qu' j'ai eu un problème. Bien que je ne sois absolument pas enrhumé ou quelque chose de ce genre, je crois que quelque chose m'a perturbé, que je ne suis pas en forme.
Enfin j'espère que c'est ça, parce que mine de rien, ce set a fait un joli trou dans mes finances.
