Je termine à l'instant un set de samples Daily Dram.
Et comme toujours, il faut désigner un starter. Ne voulant "sacrifier" l'un des samples, je suis allez pécher une de mes "vieilles" bouteilles de cet embouteilleur:
- Earldom (Dalmore) 17yo 46%, 1990-2008, 220 bottles (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... re-1990-dd): Un nez plutôt classique, sur de douces notes de miel, des notes pâtissières sur la génoise, la brioche, amandes en poudre. De l'angélique confite, gentiane. Croute de pain rassi. Mirabelle. Avec le temps, quelques pointes de souffre. On est bien loin du profil classique, typé sherrry, de la distillerie. La bouche est bancale, alcooleuse malgré le degré plutôt mesuré. De l'âcreté, un peu saponifiant. Je n'ai jamais bien saisi les arômes ou saveurs correspondant à ce qu'on appelle "bouchonné", mais je me demande si ce n'est pas le cas de ce whisky, tant le profil n'a plus rien à voir avec les souvenirs que j'en avais. Je suis très déçu. 78.
Et maintenant, place au set à proprement parler:
- Benrinnes 21yo 56.3%, 1997-2019 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... es-1997-dd): On est tout de suite sur un nez très sherry. De pruneaux, des fruits noirs, des fruits secs sur la noix de pécan, la noix de cajou. De la patine de vieux meuble qui fait paraitre ce whisky bien plus vénérable qu'il ne l'est. Du cacao amer. Bel équilibre. En bouche, on reste sur le même profil, très sherry, mais l'alcool est assez présent. De même, cette bouche pâti d'une amertume boisée un peu trop présente qui s'accroit encore plus dans la finale qui amène en plus pas mal d'âcreté et d'astringence. Bizarrement, alors que normalement l'ajout d'eau accroit l'amertume, ici, elle assagit un peu ce dram et amène des fruits rouges au nez. 86.
- Ardmore 22yo 50.6%, 1997-2020 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... re-1997-dd): Je n'ai pas souvent trouvé mon bonheur dans cette distillerie. Le nez commence sur de la tourbe grasse, terreuse, du "mainland'. Légèrement végétal, de façon douceâtre. De la noisette verte. La bouche n'apporte pas grand chose de plus. L'alcool est relativement bien intégré, même si on sent sa puissance. L'eau ne lui fait pas de bien. 85.
- Ledaig 22yo 53.4%, 1997-2020 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... ig-1997-dd): Pouaf, cette bouffée de tourbe à la fois fermière et maritime qu'on se prend dans le pif. C'est très vif, salé, dirty à souhait. après quelques minutes, des notes aigrelettes de jus de citron. Cela évoque aussi un peu la marinade de maquereau. On a aussi des notes minérales sur la coquille de fruit de mer abandonnée sur la plage. Quelques pointes métalliques également. En bouche, si on perçoit instantanément et puissamment la tourbe, celle-ci s'exprime très différemment du nez. On n'a gardé ici que la partie minérale. Ça rappelle un peu les Springbank de ces dernières années. L'ajout d'eau ne l’améliore pas.
La bouche est un peu trop discordante à mon goût avec un nez très fun. 87.
- Clynelish 22yo 56.7%, 1995-2018 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... sh-1995-dd): Et voilà, encore un de ces Clynelish qui se cache derrière un mur de cire. En cherchant (vraiment) bien, on perçoit quelques infimes notes de pétales de rose, de pot-pourri très subtil. Au bout de quelques minutes, le nez s'ouvre un peu, le pot-pourri devient un peu plus capiteux. On arrive à percevoir très très loin derrière une infime note un peu mentholée. Cette note de fraicheur prend de l'ampleur petit à petit. Elle évolue de façon un peu végétale, un peu sur l'eucalyptus. La bouche est trop fondue pour être décrite et manque beaucoup de personnalité. L'eau l'adoucit beaucoup et le rend beaucoup plus facile, en rendant le nez plus gourmand et la bouche un peu plus bavarde, mais sans la rendre intéressante pour autant. 86.
- Tomatin 23yo 52.7%, 1997-2020 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... in-1997-dd): Le nez démarre assez timidement, assez pommadé. L'alcool agace un peu les narines. Assez floral, il reste quand même bien fermé. Plutôt agréable, mais en même temps décevant car il donne envie de beaucoup plus. avec de la gourmandise, de l'ouverture et de la puissance, il aurait pu être très beau. La bouche est huileuse et relativement concentrée, mais comme le nez, elle peine à se définir. La finale est assez bizarre, mal définie tout en étant plutôt puissante et longue. L'eau ne lui fait pas grand effet, ni en bien, ni en mal. 86.
- Glen Elgin 23yo 45.7%, 1995-2019 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... in-1995-dd: Elégant, floral, et presque "beurré". Fin et élégant, il n'est pas gourmand, et pourtant, pourtant ... il est séduisant, presque charmeur. La bouche est harmonieuse, très équilibrée, et dans le prolongement du nez, tout comme la finale. Ah, tiens, j'ai mis le doigt sur ce qui le caractérise le plus: la fleur d’oranger. 87.
- A secret Speyside Distillery 26yo 49.8%, 1994-2020 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... ry-1994-dd): Le nez est quasiment muet. J'ai beau le laisser s'aérer encore et encore, rien n'y fait. La bouche ne raconte pas grand chose de plus. C'est le genre de whisky qui m'échappe, que je suis incapable de cerner, et d'apprécier. L'eau de l'aide pas à s'ouvrir. 85.
- A secret Speyside Distillery 28yo 42.6%, 1991-2020 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... ry-1991-dd: A peine plus causant, il se montre plutôt floral. Du miel aussi. Miel d'oranger. Un peu saponifiant. La bouche est dans le prolongement, y compris malheureusement pour le côté savon/shampooing. 85.5.
- Old Rhosdhu 29yo 49.6%, 1990-2019 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... hu-1990-dd): Etonnamment, le nez démarre sur des notes maritimes, presque tourbées, ce qui ne me semble pas être caractéristique de cette marque de Loch Lommond. De la salinité en tout cas. Une certaine fraîcheur. Céréalier également. Il n'est pas sans rappeler les travaux sur l'orge (local Barley, Islay Barley, etc ,...) que Bruichladdich fait sur ses différents marques.
Il y a également un soupçon de cette note de graphite que l'on trouve dans les Loch Lommond (blend ou single malt). Etonnant mais pas déplaisant. La bouche est grasse, huileuse, et dans le prolongement. Le graphite se fait plus évident. L'eau amène une petite note aigrelette pas désagréable au nez, mais dilue un peu trop la bouche. 87.
- Old Rhosdhu 30yo 47.3%, 1990-2000 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... hu-1990-dd: Un vrai lien de parenté avec le précédent, mais en plus posé, plus sage. Un peu moins expressif aussi. Plus intellectuel ? Une note d’agrume doux. Main de Bouddha, Bergamote ? Croute de pain rassi. En lui laissant une peu de temps, il se montre aussi expressif que le 29yo, sur les mêmes notes, mais avec un peu plus finesse. 87.5.
- Blair Athol 31yo 47.7%, 1988-2020 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... ol-1988-dd): le nez démarre sur une note acidulée, comme une sorte de vinaigre de fruits exotiques. La bouche est dans le prolongement mais de façon très austère, old school, avec de l'amertume. Je pense que ça peut plaire à beaucoup, mais pour moi, c'est beaucoup trop austère, pas assez gourmand. 86.