Hier soir, petit duel au sommet des Lowlands : d'une part le Bladnoch que je viens de split, et que je connais déjà bien ; d'autre part, une bouteille mine de rien assez célèbre, dont un sample m'attend depuis quelques années. C'est le moment.
- Bladnoch 1990-2018 Wemyss "Exotic Fruit Sorbet", 46%
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... ch-1990-wy
Nez : archétypal. Ce n'est un secret pour personne que je suis fan des Bladnoch 1990, et face à ce genre de nez, je me comprends. Melon, pomme verte, citron, concombre, bergamotte, chèvrefeuil/muguet. Crème Nivéa pour les mains, un peu de lessive en poudre à l'ancienne (très typique, absolument pas dérangeant dans ce contexte. C'est pas savonneux, pensez plutôt un coté linge propre). Carotte rapée fraiche. Fleurs blanches encore et encore, vin blanc très minéral, un coté ardoise que je retrouve également souvent. Thé vert à la menthe, un grand classique aussi. Miel léger, sauge.
Bouche : parfaite, restitue le profil dans son intégralité. La minéralité donne le coup d'envoi et porte tout le reste : concombre, melon, citron vert et "eau de fleurs" (j'arrive pas à le décrire mais quelque part je me comprends

). Très bonne stabilité aromatique. Kiwi, raisin blanc, vinaigre de riz, fleurs blanches toujours.
Finish : menthe poivrée, Hollywood chewing-gum à la chlorophylle, shiso, eucalyptus, citron vert, vinaigre de riz toujours, un rien de poivre blanc qui pétille sur la langue et ajoute encore à la fraicheur.
Verdict : rien à ajouter, exemplaire de typicité, équilibre au top. Je n'irai pas plus haut car ça pourrait être un peu plus complexe ou sortir un peu plus des clous du profil Bladnoch 1990 habituel, mais ça mérite son
90.
- Rosebank 21yo OB, 1992-2014, Diageo Special Release, 55,3%
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... ebank-1992
Nez : beaucoup moins expressif, ça c'est clair, mais plus complexe et semble déjà plus ... "rare". Difficile à expliquer mais ça a l'air plus "précieux". Très étrangement, c'est les notes industrielles qui me frappent en premier, avec bakelite, huiles minérales, cires et cirages. Pommades aux plantes genre Arnica peut-être ensuite. Extrêmement discret et difficile à décrire, laissons-le s'aérer. Après 10 minutes, c'est déjà mieux : comme un très vieux pot-pourri de fleurs des champs (pas du tout fleurs capiteuses), très raffiné. Essence d'orange avec un coté ancien à nouveau. Acidité légère, poivre blanc, végétal. Son coté restrained lui donne une classe old-style et une complexité à laquelle mes notes ne font pas justice. Se complexifie encore, avec du porridge, des graminées, et même - à mon grand étonnement - du jambon de Parme. Il y a quelque chose de très naturel et très fascinant dans ce nez, très atypique aussi, pas du tout un profil conventionnel. Par contre, niveau fruits, à part un brin d'essence d'orange, c'est "circulez, y a rien à voir". Pas que je me plaigne, mais je constate. L'eau ne le change guère.
Bouche : Un kick très élégant de fleurs des champs et de graminées, en effet. Alcool très bien intégré (l'eau le rendra un peu plus décousu, je déconseille, mais Serge conseille, lui). Toujours ce coté crémeux et cireux, herbal, puis même industriel. Dans son concept de complexité restrained et austère sur ces notes indescriptibles, il me rappelle en fait le vénéré Clynelish BBR #6421, que j'avais pas trouvé dingue il y a quelques années, mais il y a une parenté assez nette. Laiteux, malté. Fraicheur végétale, graminées sèches encore, d'autres notes très belles que je serais incapable de décrire.
Finish : laiteux, malté. Plutôt court. Thé blanc, gazon séché.
Verdict : quelques notes sont communes avec le Bladnoch, mais sinon, c'est fondamentalement différent. Il y a, dans cette réserve qui fait d'ailleurs ses limites, beaucoup de classe et une complexité austère, old school, qui est assez intrigante. Je ne peux pas mettre 90 vu le manque relatif d'expressivité néanmoins, mais en terme de complexité, voire peut-être de raffinement, il se peut bien qu'il dépasse le Bladnoch de peu.
89.
Voili voilou
