HIer soir, petit set très hétéroclite :
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Caol Ila 12yo OB 2016 : pff, sérieusement, c'est inattaquable. Le profil Caol Ila en plein, la définition-même. Citrons jaunes et verts, algues, sable et sel, fine tourbe, bois flotté, olives vertes, mie de pain blanc. C'tout. Spontanéité aromatique parfaite, filiation nez-bouche parfaite, alcool et textures parfaits, c'est et ça reste mon Islay d'entrée de gamme "de coeur".
87-88
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Balblair 24yo 1993 GM CC 50th an., Sherry, 51,6%
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... ir-1993-gm
Je l'avais gouté brièvement à l'ouverture et ne l'avais pas noté car je sentais qu'il lui fallait de l'ouverture comme à pratiquement tout gros sherry qui se respecte. Amputé de sa moitié depuis 2 semaines par un split, il a eu le temps d'un peu respirer.
Le nez n'a pas beaucoup changé : toujours cette combinaison extrêmement atypique de cuir, de tapenade olive noire - tomate séchée et de sirop au thym pour commencer, avec du Jagermeister, sur un truc très old school et très herbal, totalement inattendu pour du Balblair. Le développement se poursuit sur du plus conventionnel avec énormément de pruneaux et de cuir mais pas du tout d'une manière classique néanmoins (pas du tout en mode chocholat Glendro par exemple). Aucun soufre. Quelques touches de grenadine, de rhum, voire de fumée industrielle : un peu de funk inexplicable. Belle intégration et spontanéité, alcool indétectable.
La bouche, elle, s'est nettement améliorée depuis l'ouverture et présente un crescendo d'intensité impressionnant amenant rapidement à une bouche extrêmement terreuse (terreau frais), florale (violette et pots-pourris variés en force), presque un rien fumée (toujours ce coté industriel, journeaux mouillés), avec beaucoup d'encens boisé, et un retour, en le machant de façon prolongée (ce que je conseille), des pruneaux cuireux, du Jagermeister, et des marqueurs plus fruités (prunes, sloe berries). Extrêmement forestier, terreux et floral, très très intéressant et à nouveau très ovni. (NB : bouche qui n'est pas sans rappeler à certains niveaux ce Springbank sherry
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... nk-1997-sv )
La finale est exactement dans la même veine, sur une terre boisée mais pas tannique, avec de la violette, du camphre, des pots-pourris variés. Très longue, avec une prolongation aromatique très fidèle. Asséchante, elle laisse la bouche toute propre. Décidément c'est intéressant et atypique, je m'attendais à un truc plus fruité et moins herbal de la part d'un Balblair mais force est d'admettre que je n'ai jamais gouté un sherry pareil !
90-91, évolution à suivre, je crois qu'il en bénéficiera pas mal. Je déconseille l'eau (à l'inverse de Serge).
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Kilchoman 2011-2015 Madeira 50%
Gouté en festival à sa sortie il m'avait fait forte impression (positivement) mais j'étais à l'époque au début de mon parcours maltesque et c'était fin de journée, le genre de moment où l'enthousiasme rend tout au pire intéressant, et au mieux "TROP BON MICHEL GOUTE CE TRUC".
Un nez relativement peu influencé par le fût, sur une tourbe végétale amère et cotière typique de Kilchoman il est vrai, et seulement en second plan des macarons et du sponge cake trempé dans du jus d'orange. Le végétal sert de trait d'union à minima entre les marqueurs tourbés et Madère, mais on ne peut pas dire que ce soit la symbiose parfaite. Jusqu'ici le distillat l'emporte ceci dit, c'est relativement aérien et citronné. Quelques notes moins sympa typiques de Kilcho (surtout de certains loch gorm) se pointent aussi style asperges soufrées, choucroute.
C'est
en bouche que la richesse vineuse apparait, avec une tourbe plus terreuse et racinaire et en parallèle une forte sucrosité qu'on ne retrouvait pas au nez, avec pain d'épices, orange macérée, clous de giroffle, du marasquin et beaucoup de Cointreau surtout. L'intégration alcoolique et la texture sont tout à fait acceptables. Le rapport de force aromatique s'est donc totalement inversé ici. Bonne nouvelle, on ne retrouve pas de marqueurs végétaux dérangeants à ce niveau.
La finale est sur la même idée, pas spécialement longue, sucrée et pleine de Cointreau terreux et fumé. Orangette, camphre. Au final, comme dirait Serge parfois, "more of a recipe than a proper malt whisky", mais ça fonctionne pas si mal. Trop "arrangé" que pour être un vrai grand évidemment, mais ça aurait pu être nettement pire. Pas aussi dingue que dans mon souvenir ceci dit (comme attendu).
86
Sympathique dégustation, bon dimanche à tous
