Page 2 sur 2

Publié : 13 févr. 2005, 20:36
par jmputz
Ma première rencontre avec le single malt date maintenant d'un peu plus de 4 ans, et c'était à l'occasion d'un voyage en Ecosse, et plus précisément lors de la visite de la distillerie Glenfiddich.
J'ai été très étonné d'apprendre que, contrairement au Cognac qui est toujours maturé dans des fûts neufs, le whisky écossais l'était toujours dans des futs d'occasion. On reconnait là un peu le caractère économe des Ecossais. Surtout quand on sait que ces fûts servent entre 60 et 70 ans en général, et que même après ils sont reconvertis (en bibelots, meubles de jardin ou copeaux pour fumer le saumon). Rien ne se crée, rien ne se perd.
En général, les fûts de bourbon sont utilisés (je pense qu'au départ cela vient du fait que le bourbon américain est porté à maturation dans du chêne américain, qui se prète beaucoup mieux à la fabrication de fûts, de par sa forme longiligne et de par sa texture relativement poreuse. Maintenant, parallèlement à cela, le Cognac ne jure que par le chêne français du Limousin.
Tout ceci pour dire que le caractère écossais d'un whisky ne se mesure pas nécessairement au fût utilisé pour la maturation.
Ceci dit, Steph, je suis totalement d'accord avec toi, et les expérimentations Glenmoragie et Glen Moray (tiens, est-ce un hasard que les deux distilleries appartiennent au même groupe?) vont parfois un peu loin. Le Glenmorangie affiné en "Tain l'Hermitage", c'est un peu gros, parce que la seule raison était au départ parce que la distillerie est située à Tain... en Ecosse.
Quant aux affinages Glenfarclas ou Macallan, ou encore Pulteney etc... en fûts de sherry, je pense qu'ils entrent vraiment dans la tradition. N'oublions pas que le sherry (et le Porto aussi dans une certaine mesure) est britannique, même s'ils sont produits en Espagne ou au Portugal. Le plus grand marché a toujours été la Grande-Bretagne (je n'ose pas dire l'Angleterre, au risque de raviver l'ancienne aversion des Ecossais pour les Anglais...), et donc que le territoire britanique regorge de fûts de ces breuvages depuis des dizaines d'années.
Actuellement, on en est arrivé à la perversion.... à la limite, on ne produit plus du sherry que pour disposer de fûts pour y stocker le whisky. Et là je te rejoins dans ta recherche de l'autenticité.
Il y a plus grave encore dans la perte d'identité du whisky écossais: la plus grande partie est produite à partir d'orge qui n'a pas poussé sur le sol écossais. Un peu comme si le Bordeaux était fabriqué avec des raisins de Californie.
Maintenant, pour tous les amoureux de l'Ecosse (auxquels tu appartiens apparemment) les ajouts de relents de porto ou de Sauterne au whisky qui est plus sauvage par nature sont effectivement des petits crimes. Je ne suis pas loin de partager ton avis.
Je déplore énormément par exemple que des distillerie hyper-traditionnelles comme Springbank se soient également lancées dans des affinages expérimentaux. Mais d'un autre côté, si cela répond à une demande du marché, je préfère ce genre de dénaturations à d'autres formes possibles (comme des mélanges avec des sodas et autres cochonneries.)
Peut-être quelqu'un devrait-il créer en Ecosse l'équivalent du Pineau des Charentes ou du FLocq de Gascogne.
Les chemins du single malt sont décidément très tortueux..

Liqueur de whisky

Publié : 13 févr. 2005, 20:37
par whiskygalore
...