Bon. Ca ne fait jamais que deux mois et demi qu'Alain nous accueillait, une poignée de Parisiens et moi, dans son accueillante maison d'Antony. Dans son jardin, point de gorille, mais un petit renard accroché à la porte. Et un brave nounours en convalescence récurrente dans un fauteuil.
Et des bouteilles de rèves sur la table du séjour.
A la sortie du RER, une octogénaire est gentiment venue à mon aide, réouvrant le portillon avec son coupon, et le tenant fermement ouvert le temps que je passe ma valise, ce portillon que mon ticket, tout neuf, refusait d'ouvrir. Ce n'est qu'au retour, accompagné de Cosinus, et lorsque le même phénomène s'est reproduit, que je devais comprendre (non sans l'aide dudit Cosinus) que mes misères de portillon n'avaient rien à voir avec la mauvaise volonté des systèmes automatiques de la SNCF, mais avec l'inadéquation de mon pôv'ticket Parisien, inadapté à une excursion qui devait m'amener aux fin fonds du canton et, en tout état de cause, au delà de la zone d'accessibilité qui était attachée (ouais, mais enfin, si c'était écrit dessus, aussi !).
Au sortit de la gare, je me mets en marche, suivant scrupuleusement et analytiquement les indications fournies.
Un petit quart d'heure plus tard, je distingue une barbe souriante et grisonnante. Petit signe de la barbe : apparemment, je ne me suis pas perdu. La barbe en a l'air tout aussi surpris que moi. Accueil chaleureux et confraternel de ceux qui ne se connaissent pas encore et qui pourtant se connaissent déjà.
Rapidement, Philippe (Cosinus) nous rejoint. Un peu plus tard, ce sera le tour du plus vieux couple du forum : Olivier et Pierre (le flocon et la capsule). Et aussi Soup.
Le temps nous est compté : Alain va à l'école le lendemain, et son épouse n'a pas voulu lui faire un mot d'excuse

. Comme je ne suis pas un rapide en exploration dégustatoire, il s'agit d'aller à l'essentiel. Bien sûr, il y'a ce Caol Ila Manager's dram, le prince de la soirée. Forcément, c'est lui qui cloturera la soirée. Pour la démarrer, je me laisse guider par notre hôte.
Bunnahabhain 37yo 1966/2004 (40.1%, MMcD Celtic Heartlands, 276btls)
Robe ambrée somptueuse.
Nez doux et fruité, acidulé, sur la banane verte et la muscade, comme arrondi par un filet de caramel léger, et « musclé » par une petite cuillère d’Armagnac. Et une pincée de cannelle. C’est délicat, mais loin d’être timoré. Ludique et délicieux. Ca donne envie d’en boire des litres, comme un jus de pomme frais.
La bouche ne déçoit pas. Plus grasse et plus « sérieuse » que le nez ne le laissait envisager. On est sur l’opulence d’une bonne banane flambée. Occupe la bouche de façon très homogène et très satisfaisante. Et pas un poil de « mauvais » bois. Du fruit et de la patine.
Philippe a commencé par un Glenrothes qui semble lui avoir bien plu... Je vais marcher dans ses pas pour mon deuxième dram :
Glenrothes 40yo 1965/2005 (43%, G&M MacPhail’s Collection)
Robe fauve.
Le nez démarre sur un caramel léger. Pas très expressif dans un premier temps. Un peu mou du genou, que je me surprends même à penser. Puis évolue sur de belles notes agrumiques (oranges piquées de girofle). Puis des notes organiques de cuir mal tanné et de tapis de feuilles de sous-bois apparaissent.
La bouche est beaucoup plus vive, avec quelque chose d’aigre doux qui vient chatouiller les côtés de la langue. Le Sherry s’exprime de façon discrète au travers de notes de cake aux fruits confits. Un Sherry somme toute très « politiquement correct », très "Chesterfieldien". Me le suis acheté depuis, du coup.
J'ai passé un peu trop de temps à laisser le Glenrothes s'ouvrir. Il s'agit de changer complétement d'horizon. Ca sera :
Clynelish 35yo 1971/2006 (46.5%, DL Platinum, 246btls)
Or pale.
Nez hyper « waxy » (copyright SV) et très citronné. Mélange détonnant de cire à bougie et de lubrifiant d’atelier de mécanique auto. Aussi fermier qu’un Brora 30yo, le citror en plus.
Mêmes arômes en bouche, accompagnée d’une sécheresse boisée très « classe ».
Un whisky à la personnalité affirmée.
L'heure du dîner approchant, Alain me met entre les mains LE "machin" de la soirée.
Ca mérite un post séparé, au cas où votre attention ne tiendrait pas sur la longueur

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